RIC d’Oran Projet « nouveau regard » : la convivialité culturelle

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Par Adnan Hadj Mouri

« L’émancipation, elle, commence quand on remet en question l’opposition entre regarder et agir, quand on comprend que les évidences qui structurent ainsi les rapports du dire, du voir et du faire appartiennent elles-mêmes à la structure de la domination et de la sujétion. »

      Le spectateur émancipé Jacques Rancière

De tout temps, la culture cinématographique  n’a cessé de façonner l’imaginaire des cinéphiles. Cette ardente aspiration filmique qui transcende  une réception sémiotique chaleureuse  ne peut se consolider sans l’imagination fertile de l’archétype culturel  qui fait pénétrer l’espèce humaine dans le méandre sublimé  de la culture cinématographique.  « Graine de paix, nouveau regard » conjointement avec plusieurs associations et organismes dont la fondation frederch Ebert, a esquissé  les grande lignes de cette culture sous l’hymne d’un ‘’regard neuf ‘’

Depuis dimanche 16 décembre, les rencontres internationales du cinéma  (RIC) ont lieu au siège de l’association Graine de paix.

On nous  informera  de l’objectif de ces rencontres qui vont  donner naissance à de  multiples débats, de fructueux échanges organisés avec la société civile .L ‘événement  tourne autour de représentation cinématographique à travers des « documentaires des films d’animation et de fictions « 

Ce genre de rencontres est porté par les associations, Grainé de paix et Nouveau regard ; elles seront une occasion pour les oranais de renouer  avec le 7eme art après tant d’années de désert culturel.

 Dans le programme il est à noter  15 films nationaux et internationaux, courts et longs métrages en plus d’un retour au cinéma algérien.

Les films sont projetés quotidiennement dans le siège de l’association (Saint Eugène) Grainé de paix .Le film documentaire  de Naila et les insurgés déclenche un vif débat, de longues discussions se sont étalées jusque tard dans la soirée du lundi.

Chaque journée est ponctuée par de nouvelles projections telles que El mudja de Omar Belkacemi 2015, Mizara de Pauline Laurent et newsfrom laayoum de Djuro Gabran.les projections sont tant nationales qu internationales.

  Le groupe  de graine de paix  a  organisé  une table ronde  à l’association petit lecteur ayant pour thème le cinéma comme vecteur d’impact social. Madame Habiba Djahine, cinéaste et militante féministe et monsieur Julio  Sancho, président du 1er festival cinématographique des droits humains en Amérique Latine ont animé  des échanges avec la participation d’un bon nombre de citoyens avides d’activités culturelles.

Pour résumer le cinéaste  Julio Sancho a balisé les grandes lignes  de son intervention sur l’histoire mouvementée  de l’action cinématographique en argentine.  Il faudrait dire  que d’après une approche ce  dernier a connu des heures de gloire entre les années 40 et 50.Ce fut l’un des plus vigoureux de toute l’Amérique latine.

Avec l’arrivée au pouvoir du dictateur Péron (1945-1955) le  cinéma argentin connut un grand déclin. Beaucoup d’artistes sont interdits d’écran, certains choisissent obligatoirement le chemin de l’exil, ainsi ils renforcent le cinéma mexicain jusqu’alors peu productif. A partir des années 90 le cinéma reprend sa place  dans le monde .Dans les grands festivals internationaux les films argentins sont souvent choisis par la qualité de la production nationale.

quant à l ‘intervention  de Habiba Jahnine après avoir fait un  survol  sur l ‘histoire du cinéma en Algérie, elle a abordé la décennie noire  comme rouleau compresseur  dans la persécution de l’intelligences et la dépréciation  de la culture dans son sens large .

Dans le sillage des activités cinématographiques, le master class sur l’incommunicabilité du cinéma présenté par Nabil Djadouani  porte sur les stigmates  de la servitude de la violence symbolique   et a suscité  des échanges fructueux sur  les arcanes de la censure et les enjeux  inconscients qui  en découlent  tels que le bâillonnement de la liberté individuelle. .

poursuivant cette dynamique, le jeudi  il y a eu une projection  du film documentaire de l ‘akhdar Tati intitule « fais soin de toi   qui a mis en évidence l ‘expression d’une parole  sur le sentiment amoureux dans un milieu contraint, les échanges fructueux ont  permis d ‘élargir les horizons des possibles en essayant  de lancer la problématique barthienne sur le sentiment amoureux qui  demande un long développement  auquel on consacre  une chronique prochainement  qui  s’intitulera de l’amour à «  l’amur » dans  la société Algerienne. Mette en valeur comme disait Lacan  »  l’amour, c’est de donner ce qu’on n’a pas ».

En effet, devant  un tel exploit  de lutte contre le « climat intellecticide », la clôture  des rencontres cinématographiques s’est faite  dans une ambiance chaleureuse suivie d’un air musical gembri venu  égayer l’atmosphère déjà bon enfant   par le musicien democrtoz et son camarade Maalam Habib.

Ceci dit nous  disons sans emphase que le  succès de cette première édition des rencontres internationales du cinéma à Oran (Ric° Nadra Jdida) a été possible grâce à l’engagement des deux fondatrices, en l’occurrence Nadia Brahmi qui a imaginé le projet et mis en place la plateforme des valeurs humaines et sociales qui le portent, ainsi que Tiphaine Charrondiere Cornil, qui a piloté le projet à même de le concrétiser.

 Elle est membre de Nouveau Regard, une association française qui a pour objectif de rendre accessible les espaces culturels à une population qui n’y a pas accès. Nadia Brahmi déclare: «nous voulons rompre avec les pratiques exclusives qui cloisonnent l’art et la culture et ne s’ouvrent qu’avec des valeurs bourgoises, alors que la population devrait pouvoir contribuer et vivre l’art et ne pas uniquement consommer une marchandise dite artistique. C’est le cas pour le cinéma que nous considérons comme vecteur pour l’émancipation.

L’objectif est de permettre à tout le monde d’avoir accès à l’apprentissage des métiers du cinéma». Cet aspect  de conscientisation   fera  appel  à « l’utopie réaliste ».

Enfin,  Le projet   «  nouveau regard »   durant  toute une semaine a féconder  des graines  de convivialité et d’échanges respectueux, cette flamme romanesque de l’altérité  nous fait  rappeler  la judicieuse citation  du poète Pablo  Neruda « Ils peuvent couper toutes les fleurs, mais ils ne peuvent pas arrêter le printemps. »

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