Cinémathèque algérienne : un rassemblement de protestation tenu hier

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Jeudi 20 décembre, il est 15h au niveau de la cinémathèque, dont le rideau est à demi fermé, il n’y a aucune projection de prévue mais il y a du monde qui s’est réuni devant son entrée. Ils ne sont pas venus regarder un film comme à l’accoutumé, mais pour réclamer le départ du nouveau directeur de la cinémathèque algérienne, à peine installé, Salim Aggar.
Des pancartes dont on peut lire des slogans tels « le cinéma algérien en danger », « libérez notre cinéma » ou encore « pas de censeur à la cinémathèque » sont brandis pour en protestation de cette nomination qui a jeté un pavé dans la mare pour les participants à ce rassemblement, constitué de réalisateurs, de producteurs, de scénaristes et de journalistes.
La raison, le 14 décembre dernier, le ministre de culture, Azzedine Mihoubi, a nommé Salim Aggar à la tête de la cinémathèque algérienne, considéré comme non apte à diriger ce poste. Une pétition déjà signée par 500 personnes en quelques jours à été mise en ligne pour manifester ce mécontentement. Salim Aggar, en sa qualité de journaliste avait signé, sous couvert de pseudonymes plusieurs articles diffamatoires à l’encontre de certains réalisateurs présents.

Mais au-delà de la nomination de Salim Aggar, il s’agit avant tout pour eux de tirer la sonnette d’alarme en ce qui concerne l’un des derniers bastions de la liberté de création. En effet, la cinémathèque algérienne, qui existe depuis plus de 50 ans, a été consacrée comme le seul endroit à ne pas être soumis à la censure sous Houari Boumédiène. Or, la nomination de Salim Aggar, qui a fait partie de la commission de visionnage du ministère de la culture, qui a notamment censuré deux films que sont Vote Off de Fayçal Hammoum et Fragments de Rêves de Bahia Cheikh El Feggoune, est contradictoire à la vocation de la cinémathèque.
Mais ce qui semble le plus évident à partir de cette polémique, le mal est bien plus profond que la nomination de nouveau directeur, que le collectif qui s’est constitué voit comme une énième tentative briser un cinéma algérien qui a besoin d’un espace vital nécessaire, afin aussi de rencontrer son public.

Le collectif s’est dit que l’action menée hier n’est qu’une première. D’autres actions de protestation sont prévues dans les prochains jours, nous dit-on.

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