L’émancipation sociale entre servitude et câlinothérapie

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L'ABOLITION DE L'ESCLAVAGE (27 AVRIL 1848). François BIARD (1798 - 1882)

Par Adnan Hadj Mouri

« Lorsque celui qui chemine dans l’obscurité chante, il nie son anxiété, mais il n’en voit pas plus clair» Freud inhibition symptôme angoisse.

« La femme n’existe pas » Lacan

« La dissociété se fonde sur la désarticulation des comportements privilégiant l’ego. L’hyper société se fonde sur la rigidité des comportements étouffant l’égo. » Dominique généreux

L’impitoyable « censure sociale » brise continuellement les remous  de la parole libre et rend la ‘’grammaire’’ de la contestation évanescente. A cet égard certains médias arabophones adeptes du bégaiement de la pensée ressassent en évoquant des thèmes sociaux qui ont pour objectif l’asservissement de l’imaginaire social.

Les adeptes de ces chaînes faméliques servent de paillasson à une bande de fanatiques qui décrit la société d anomie,  étranglée et   réduite à « l’impuissancialisme. »

Les raisons de la crise multidimensionnelle nous permet de mesurer l’impact  qu’elle a sur la précarisation psychique qui essaie d’affronter l’incohérence qui délite le lien sociale.

En un mot l’érotisation médiatique du sacré aliéné à son tour la subjectivité en conformisant. Les esprits.

De  ce fait l’ascétisme misogyne apparaît continuellement crachant une décharge explosive. Cette exaltation de la détresse infantile découlant d’un atavisme séculier façonne bel et  bien le calcul dogmatique de « l’ignorance sacrée ». Le visage fermé par le bâillonnement de la liberté individuelle dans le charlatanisme ritualiste.

Sur cet aspect, nous pouvons reprendre la citation forte judicieuse de Brècht qui disait «« La l’atavisme, c’est comme l’alcool. Vous n’empêcherez pas les gens de boire tant que c’est pour eux un progrès »

En effet, le but de cette chronique n’est pas de radoter l’obscénité du musellement  de subjectivité ainsi que la violence sous toutes ses formes que subit la femme    dans son quotidien mais d’esquisser l’essentiel en quelques points; un propos introductif qui consiste à mes yeux de démontrer une vision citoyenne qui servira de réanimer le culte de l’archaïsme sous l’injonction d’une modernité instrumentale aux abois.

Devant ce point de vue pour le moins coercitif, les vagues de contestation. A l’encontre du bégaiement de la pensée s’expriment sous un ton. Furieux et ne trouvent point de marée d’équinoxe faute d’aventure romanesque sur le sujet parlant.

Trouver d’innombrables formules admirables telles que guérir le masculin, la lutte contre la « bedouinisation »ne peuvent que chatouiller notre affectivité qui demeure soumise à l’ordre de l’aliénation sociale qui ne peut dépasser le stade du révolte et par conséquent favorise l’abomination de l’inhibition qui sclérose le sujet parlant.

Faire valoir la dialectique des contradictions nécessite la mise en valeur des contradictions concrètes  et met en évidence la subjectivité qui passe au crible la modernité liquide ; qui ne tient  pas  de la rationalité de l’inconscient pour paraphraser un psychanalyste A : « il n’y a pas de modernité sans inconscient »

Il faudrait dire que le conformisme lyrique est parfaitement significatif de l’état somnambulique qui traduit une vacuité des sens. Recoudre les morceaux de la toile et chercher de nouvelles formes en gardant les anciennes significations démontre l’étendue des dégâts du raisonnement alternatif qui favoriserait la schizophrénie.

Devant « la peau abîmée et le corps abîmé. », l’action militante est un  lumignon qui  éclaire une route  douloureuse de luttes contre « le cheval de Troie », le refus  du féminin  le plus servile.

Mais les joies ‘’d enflures ébahies’’ de cette action de militance qui appelle de ses vœux la réorganisation des croyances pour des lendemains qui chantent, favorise quant à elle des électrochocs morts  dans le contexte algérien ; ces derniers  essaient  de supprimer  avec le moins de frais possible  cet atavisme séculier qui gangrène le lien social.

Sur cet aspect, une fois que le pétard de la subjectivité éclate il ne restera plus que les arguments se limitant à des slogans ; la cacophonie associative en est un exemple édifiant.

Faute de pouvoir développer une longue ascèse de réflexion sur l’aliénation symbolique et signifiante, ce qui dépasse largement cette chronique, nous tenterons de dire que la modernité instrumentale prônée par un bon nombre d’écrivains supposés  émancipés montre  que cette prescription fera face à la dérobade des sens en alimentant un « imaginaire leurrant »

. Cette logique de régulation capitaliste promue par la pornographie du temps présent, ne permet  pas le passage d’une société close à une société ouverte au sens de Carl Popper

Dans ce cas de figure, cette modernité devra faire appel à plus du sujet et nécessite le déclenchement d’une dynamique de subjectivation, ainsi conçue l’émancipation servira de pilier à un  processus de rationalisation, et subjectivation, pour reprendre Alain Touraine

A notre sens le sujet autonome pourvu d’une individualité riche au sens de Tozel serait fondée sur le développement de la réflexivité en tant que réflexion sur la réflexion. Cette vitalité de la pensée émancipatrice appellera un imaginaire moteur qui permet un espace transitoire favorisant la créativité. La pensée en tant que capacité de tout questionner au lieu de répéter et d’interpréter des textes caractéristiques de sociétés modernes

Pour comprendre le genèse de l’impuissance alisme la mise en branle de la pensée adaptative sur un mode passif au détriment de la’’ pensée inventive’’ « ne feront que transvaser de vieilles boissons dans de nouvelles bouteille »s; cela montre que le changement n’est que spongiforme. La démarche sinueuse du climat «  intellecticide »  ne peut que renforcer le refus de la féminité sur le plan subjectif. Au-delà de la mascarade hystérique du combat féministe qui se noie dans les profondeurs de l’inhibition, il serait utile de survoler la dimension psychanalytique pour décrypte « la père version du féminin. »

« Nouvelles conférences sur la psychanalyse » de Freud (1), notamment celle qu’il a intitulée « la Féminité », et dans laquelle il précise : « nous devons admettre que la petite fille est alors un petit homme », et surtout : « il n’est qu’une seule libido, laquelle se trouve au service de la fonction sexuelle tant mâle que femelle ».[1]

Quant à Lacan, dans « Télévision », il nous fait remarquer que : « l’ordre familial ne fait que traduire que le Père n’est pas le géniteur, et que la Mère reste contaminée la femme pour le petit homme ; le reste s’ensuit. » Il note, par ailleurs, que si « une femme ne rencontre L’homme que dans la psychose… elle se prête plutôt à la perversion que je tiens de celle de L’homme ». Il conclut  « le fantasme de L’homme en elle trouve son heure de vérité. Ce n’est pas excessif puisque la vérité est femme déjà de n’être pas toute, pas toute à se dire en tout cas »

En un mot  devant « la femme qui  n’existe pas » •  La féminité au sens freudien,  lacanien favorise la subversion de l’aliénation sociale en facilitant « l’advenue du sujet  » t-elle est la question  qui peut battre en brèche l’essentialisme féminin.

Ce qui existe  c’ les femmes,  « une variété absolument incroyable, penser la différence des sexes  par le biais du réel. Comment devenir  femme on ne nait pas  femme et on le devient pas non plus  la féminité ne se transmet pas.  De «  l’envie du pénis » passage au  phallus  qui  est symbolique  on est plus dans l’organe réel. Ceci dit il peut   y  avoir des  hommes qui ont  un pénis mais  n’ont pas de phallus.

Prenons le cas de l’union conjugale qui reste soumise à la volonté parentale de près ou de loin, notamment chez la mère qui joue une fonction castratrice ; n’en déplaise au combat féministe qui se complaît dans l’inhibition. Cet aspect mortifère méconnait les fêlures de la subjectivité faisant valoir le triomphe du combat de la femme potiche car l’élixir du charlatanisme a été intériorisé à bien des égards.

Il suffit de se pencher sur l’éducation surmoïque pour décrypter le rapport mère /fille et mère /fils, qui  retrace naturellement une précarité psychique qui se ravale dans le complexe œdipien.

Sur cet aspect, les tenants de la normalité névrotique qui appuient dans  leurs discours la fonction surmoïque étalent à grand frais leurs pathologies en ordonnant plusieurs types de châtiments corporels pour condamner toute femme souhaitant exprimer tout simplement son individualité.

A notre sens, il serait incongru de vouloir affronter l’abîme de cette violence conjugale sans dynamiter la logique du patriarcat et par conséquent le rôle castrateur de la mère qui met en évidence «  la père version du féminin »

Aussi bien chez la femme qui se dit moderne mais qui essaie de flirter avec une soumission entrouverte .La robustesse de la domination se dissout dans la mode éphémère du combat superficiel qui hystérise la question.

Outre l’aspect de l’exploitation abrutissante et du machisme ambiant la femme use d’une liberté qui se retrouve dans la normalité masculine. L’exemple prégnant est le suivant ; l’envie de procréer n’est pas l’effet du désir mais le fait de plaire à la société et de rendre des comptes aux parents dans le contexte algérien

A cet égard faute d’un travail sérieux sur la singularité agissante, la femme se noie dans la castration tout en favorisant sa négation.

Les arguments sont de l’ordre de je l’ai pas tant désire mais pour avoir la paix civile la seule issue.

L’édifice  de la subjectivité place le couple dans une réaction bêtifiante de rendre des comptes plutôt que de couper le cordon ombilical.

La relation mère fille /mère fils en dit long sur le rapport incestueux que génère ce rapport pathologique. L’orgueil masculin l n’est pas à exclure. Si l’homme l’exploite en croyant qu’il est fort, ce qui révèle l’attitude « débilisée » par la surcompensation virile qui n’exclut pas le rôle de la gente féminine dans la perpétuation d’un atavisme séculier. La flamme romanesque s’est éteinte sous l’injonction de rythmes fatigués par des mots porteurs d’orage. La normalité masculine devient une nourriture désastreuse dévoilant la « grêle des non – dits.  »’

Comme le disait  Simone de Beauvoir « Personne n’est plus arrogant envers les femmes, plus agressif ou méprisant, qu’un homme inquiet pour sa virilité. »

”Les mentalités collectives se développent sous l’influence de ‘’pulsions de mort,’’ la séparation et la décomposition ‘’,  anéantissent l’œuvre de l’espoir et  attisent des attitudes régressives accentuées par la brutalité de la réalité sociale.

Sigmund  Freud  a  essayé  de comprendre  comment  fonctionnaient les  foules,  Il  s’est ‘appuyé   notamment  sur  l’ouvrage, La Psychologie des foules cet auteur  a remarqué  .   qu’un individu dans une foule  n’a  pas  la  même  psychologie  que  lorsqu’il  est  à  l’état  isolé.  Pour  Freud,  une  foule  existe  quand  un  ensemble  d’individus  met  un  seul  et  même  objet  en place  de  leur Idéal du Moi. »  » « La  modification  psychique  qui  rend possible  ce que Paul-Laurent Assoun nomme l’ « enfoulement »

La mise en exergue  de cette singularité agissante va  nous permettre de paraphraser le psychanalyste Lacan pour dire  qu’il n’y aura pas de  »rapport sexuel.’’

Autrement  dit ce psychanalyste  nous fait savoir  que dans la sexualité en réalité  chacun est en grande partie  dans sa propre affaire «  »  »il expliquera en disant  qu’il existe  « la médiation  du corps de l’autre , mais enfin de compte  la jouissance  sera toujours votre jouissance. Le  sexuel  ne conjoint pas » ‘ Enfin, devant » » le mentir vrai  » pour reprendre Aragon «les méandres de « l’inespéré »  devra lancer une constellation lumineuse et l’encourager davantage dans cette création subjective.

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