Éric Zemmour : le lèche-bottes de la servitude coloniale

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Par Adnan Hadj Mouri

« C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal « Hannah Arendt.
La reconnaissance des crimes commis durant la guerre d’Algérie et surtout celui de Maurice Audin depuis quelques jours suscite un débat houleux.
Sur cet aspect, le déballage des idées fascistes se font légion ; le propagandiste zemour dégaine ses armes racistes en passant au vitriol la figure du martyr Maurice Audin.
En effet à croire les ‘arguments avancés par ce personnage relève de la loufoquerie et nous pourrons dire que si son intelligence se mesurait à la longueur du pantalon il.ne porterait même pas un string.
La liberté de type paranoïaque agite les milieux médiatiques; bon nombre de journalistes jubilent devant la bêtise ambiante ,le débat télévisuel sur l’affaire Audin secrète les métastases de la pensée conforme qui met en avant « les chiens de garde», pour reprendre Paul Nizan.
L’élan journalistique dans son progrès et sa créativité se manifeste dans le monde par un désarroi et des contradictions qui créent un asservissement de l’imaginaire généralisé en quête de jalons pour revitaliser l essence idéologique qui se fane à vue d’œil.
Le déluge verbal.de la pensée conforme nuit à la fluidité culturelle, c’est un cortège bien connu favorisant l’aridité socio politique.
En effet devant cette froideur dispensatrice de vacuité intellectuelle, la culture résiste mal.et se vide sous nos yeux.
A cet imbroglio d’images, se mêle un mutisme comateux faisant tourner la situation à l’absurde ; se laisser fasciner par une petite liberté illusoire s’avère comme un trompe l’œil. Ces marchands de terreur hégémonique ne font qu’enfanter au fil des ans l’allégorie des dictateurs qui compriment la vivacité du politique en mettant en place une tyrannie de l’incompétence désagrégeant le tissu social.
De ce fait, l’inculture journalistique tire le champ politique vers un bel ennui qui tombe dans la facilité et la complaisance .La politique exercée actuellement ne se suit pas avec plaisir par la population, elle se fait subir car elle plonge les citoyens dans une atmosphère délétère et agacée. Les sirènes de l’inculture donnent un aspect calamiteux du désœuvrement de l’action politique dans le monde où la culture dans son sens large passe de vie à trépas.
Dans cette configuration. Il est aisé de voir que l’absence d’humilité culturelle dissimule mal la profonde blessure de la socialité anomique  » qui ronge un lien social déliquescent.
La prise en charge de la culture politique par des structures hégémoniques évoluant dans un espace culturel dominé par la sur- compensation narcissique ne produira que des actions insignifiantes qui ne serviraient que de vernis officiel.
Devant cette crétinerie, l’inculture politique internationale a atteint un niveau de bassesse des plus abjects donc il serait judicieux de tirer le rideau tout simplement.
l’abrutissement dans le divertissement libéral affiche l’éclat du paraître tout en étant dans l’artifice de la vanité ; à force de passer au crible la dictature du prolétariat, les pourfendeurs de la théorie marxiste ne cessent de s engloutir dans la dictature de l’actionnariat qui prostitue les rapports humains.
Avec cette politique arbitraire, le monde arabe ne sera pas épargné et continuera à être pointe du doigt par une logique sectaire qui trouve un écho favorable dans la multiplication des actes xénophobes et humiliants.
Battre en brèche les sirènes de l’ethnocentrisme nous rappelle l’œuvre de Claude Levi -strauss ,race et histoire , »la définition courante de barbare :le barbare c’est celui qui fait preuve de brutalité ou de bestialité  » ; il nous donne également dans le même ouvrage l’étymologie grecque de barbare qui renvoie à la confusion et à l inarticulation du chant des oiseaux par opposition au langage humain qui possède lui une valeur signifiante. »
Par la suite ce mot désignera celui qui est étranger, celui dont la langue n’est pas compréhensible. De même le mot sauvage souvent utilisé comme synonyme de barbare tire son origine de Sylva, qui désigne ce qui vient de la forêt. Le sauvage ou le barbare c’est donc celui que l’on renvoie du côté de la nature, hors de la culture et de la civilisation. »
Cette logique ethnocentriste qui se réactive à tout moment démontre comme le souligne Edgard Morîn que notre monde est en train « de traverser une crise profonde de civilisation, deux barbaries différentes nous menacent. La première ancienne est charriée par toute l’histoire humaine : c’est la haine, le mépris ,le meurtre, la torture .Naïvement nous l’avons cru éliminée avec la fin du nazisme et du stalinisme.
Mais au début des années 1990 ont éclaté des guerres de religion notamment en ex Yougoslavie. Aujourd’hui cette barbarie archaïque s’incarne surtout dans une organisation criminelle D’aech qui nous menace sur notre propre sol» «l’autre barbarie glacée froide est l’hégémonie du profit du calcul.et de l’anonymat.
Les milieux officiels croient tout connaître par le chiffre par le taux de croissance par le Pib et les sondages d’opinion. »
Le 2eme siècle nous réserve des surprises des tragédies des misères des crises financières identitaires etc .La montée de l’extrême droite en Europe n’était-ce pas l’histoire qui se répète ?
Enfin. Pour se départir de cet état de décrépitude généralisé, la condition principale pour revitaliser le capital culturel résiderait dans l’émergence chez les différents acteurs des sociétés civiles une culture citoyenne qui permettra de faire face aux diverses situations conflictuelles sans recourir aux attitudes simplistes porteuse d’hégémonie.

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