« Khalil » de Yasmina Khadra : Ces néfastes chants de sirènes

0
1034

Paru aux éditions Casbah, le tout dernier roman de Yasmina Khadra intitulé ” Khalil ” est pathétique, impressionnant, et dramatique à la fois.

Il nous introduit d’emblée, dans le passé des années du terrorisme et des kamikazes. Cette époque délétère et tragique évoque les attentats, et les jeunes à la fleur de l’âge qui se font sauter pour joindre le ” Ferdaous “( paradis et les houris promis). L’auteur fidèle à ses convictions et à ses certitudes nous entraine dans la spirale du terrorisme et dans l’univers des jeunes kamikazes qui servent de chair à canon. Par son récit poignant, Yasmina Khadra raconte avec émotion le quotidien de ces jeunes élus désœuvrés, désargentés, sans perspectives d’avenir et sans repères.
C’est l’histoire simple de trois jeunes marocains Khalil, Driss et Rayan vivants à Molenbek en Belgique. Amis d’enfance, habitant le même quartier, chacun a suivi une trajectoire différente. Fréquentant la mosquée du quartier, Drisse et Khalil sont embrigadés .Driss kamikaze s’est fait sauté au stade de France le 13 novembre 2015, Khalil embrigadé par Driss a raté sa mission et Rayan brillant informaticien, fiancé à Marie n’évolue pas dans la même sphère. Tout au long de cette intéressante narration, l’écrivain conte le discours enflammé de la mosquée pour les nouvelles recrues au Djihad.
La déréliction, le chômage, le racisme se greffent à leurs sentiments d’impuissance et de rejet. Ces causeries leurs font sentir d’être des ratés. Cette fois-ci le talentueux auteur ne verse pas dans la tourmente des tueries, mais axe son récit sur l’enrôlement des jeunes avec des discours fallacieux et trompeurs par les gens de foi. Il met l’accent sur l’oisiveté des jeunes qui se sentent comme des parias de la société occidentale. Dans ce roman touchant, Il nous fait découvrir, ce jeune homme de condition modeste, l’unique garçon d’une fratrie de deux filles Yezza l’aînée et sa jumelle Zahia. En conflit avec son père, khalil a pitié de sa mère empreinte de soumission. N’ayant pas sa place dans cette famille où, il étouffe, il cède aisément aux chants des sirènes de la bannière verte.
Ce qui l’emmène à un avenir sans perspectives. Ce roman enlevé, captivant qui manie le cartésien, la religiosité et la bigoterie incite à la réflexion et au dialogue pour comprendre le vrai sens de la vie et de la religion.
Il permet à ces jeunes d’éviter le leurre et les écueils de ses faiseurs de foi. C’est par une prise de conscience que Khalil comprend le sens de la vie mais c’est trop tard pour lui.

Par Kheira Attouche

Lire la suite sur Le Temps d’Algérie

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here