La dénégation de l’inconscient erre toujours

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Par Adnan Hadj Mouni

« L’inconscient, c’est le discours de l’autre. » Lacan

Suite  au débat  organise à l’association  petit lecteur  qui a porté sur le  rapport homme  femme en Algérie  il  m’a  semblé opportun  de saisir  la convivialité des échanges pour faire parler ma subjectivité

Le débat  sur la question du rapport  homme femme suscite des interrogations et problématiques pour le moins pertinentes; même si  on n’ose  pas faire parler une subjectivité méconnue dans ce milieu contraint le regard réflexif interpelle les sujets pour décrypter  le phénomène de «  la domination » masculine  bien ancrée dans l’inconscient.

 en effet, au-delà de la f(a)emmeuse  liberté du combat  pour  une forme de décolonisation spongiforme qui se complait  dans la norme-alité masculine, l’aspect  de la  mascarade  hystérique  ravale son degré d’indignation  dans le fantasme de l’inhibition, comme le souligne Freud «  lorsque que celui  qui chemine dans l’obscurité chante  il nie son anxiété  pour autant il ne voit pas plus clair ».

La définition de la féminité qui se   focalise sur  la dualité masculine féminine ignore  le rapport à la subjectivité de chaque sexe ; cette indigente  qui nie l’individualité  fomente à son tour  un certain dogmatisme visant   à promouvoir la négation du sujet.

Cet aspect pour le moins mortifère ne peut que renforcer  cette «  rigidité identitaire » qui forme un goulet sur le devenir de l’agir théorique, celui-ci  tente de réfuter subvertir  l’analyse conceptuelle pour  mieux la domestiquer : dans ce cas de figure le climat «   intellecticide » s’érige en tant que symptôme.

Partant  de l’idée  que l’arsenal théorique est un totalitarisme  visant  à mettre  des concepts abscons, le caractère répulsif devient l’épée de Damoclès  suspendue au-dessus   des têtes.

Ceci dit   pour vouloir  se démarquer du discours  islamiste réfractaire à la subjectivité  une frange essaie de relativiser pour ne  pas exprimer directement son mépris flagrant  à  l’égard  des sciences sociales ;elle  essaie  de rationaliser une   attitudes infantilisantes e essayant  de promouvoir le changement social, autrement dit  à quoi  bon  parler si tu ne peux pas  te faire comprendre ?

Cet aspect reste inaudible tant  par  son indigence intellectuelle que par  l’excès de grégarisme qui prévaut, car il  verse  continuellement dans une logique paternaliste, tentant  d’éduquer le peuple qui subit de plein fouet la tyrannie du «  je pense  qui veut dire adhérer ».

La prétention pour le moins pathologique  de la sensibilisation  prend des allures d’affolement ; de ce fait, le changement social peut expliquer  la crainte  de se voir un jour se frotter à son  propre inconscient. Cet aspect  qui fait  parler le sujet plutôt qu’il ne parle selon le vocable lacanien démontre  une précarité  psychique.

Dans ce cas  de figure faute de promouvoir le principe d’autonomie  qui valorise  la singularité agissante, l’espèce parlante  laisse se  développer une logique pour le moins schizophrénique qui allie deux formes deux surmoi  un occidental  et un autre arabe en dénigrant la structuration subjective.

Sur cet aspect, la définition  de la modernité se voit continuellement  ligoter  par ces deux instances qui asservissent l’imaginaire.

Les uns  tentent  de faire valoir l’instance occidentale pour faire valoir l’expression de l’individualité qui demeure un trompe l’œil, une chimère, on peut citer quelques exemples  édifiants :  « ils vivent comme des français  ou parler français »  permet de s’accrocher au wagon de l’histoire contemporaine. il faut rappeler que    la langue française n’a pas  subi les affres de l’idéologisation  comme la langue arabe.

Cette conception infantilisante prouve  que ces gens-là  croient que l’évolution sociale  s’est faite génétiquement  et non pas à travers une lutte  intellectuelle réflexive pour faire advenir  l’altérité.

 L’autre  aspect arabisant  qui s’harmonise dans la dictature de la même demeure réfractaire à la subjectivité et matérialise son agir  dans une  forme « ’impuissancialisme ». Cette incapacité  d’agir  plonge le sujet  dans une forme de violence symbolique en faisant valoir la déliaison sociale.

Outre  ces deux aspects, il existe  une autre frange qui se meut  dans des éclairs de conscience mais  verse dans le radicalisme  en jetant  le bébé  avec l’eau du bain. Résignation passive devant le fanatisme du marché et la démarche fataliste demeure l’horizon  indépassable, pour  bon nombre de personnes    la modernité rime avec ‘’ société  de mépris’’ édictée par ce capitalisme qui étrangle le monde.

Même si cela  peut  paraitre logique  surtout quand on constate que la rationalité instrumentale favorise en soi  une vacuité des sens  en faisant appel  à  cette modernité  liquide , nous ne pouvons occulter l’étude sérieuse de la modernité  culturelle  qui  favorise l’émergence du sujet.

Le fatalisme s’accouple avec  dénégation de l’esprit critique, cette régurgitation morose de la résignation  favorise  l’érection  du fanatisme religieux. Englués et enlisés dans l’aliénation sociale, certain  essaie de laïciser leurs propos en  essayant de porter un ornement d’décoratif d’altérité au discours religieux mais ils demeurent  impuissants et ne peuvent disqualifier  ni dynamiter la certitude. Comme le disait le penseur Ibn Rochd « L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l’équation. »

Enfin,  au-delà du cadre  de la  «  dignité de penser » qui demeure moisi  par une forme de fétichisation irrationnelle  de liberté l’idée de l’inconscient se  focalise sur le refus de  reconnaitre cette instance « prolétaire » qui  parle malgré moi »

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