L’enseignement de la philosophie : une discipline fanatisée

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Par Adnan Hadj mouri

« Je pense donc je suis » Descartes

La philosophie, cette science de la pensée et de la raison permet une réflexion rationnelle .Elle pourrait jouer un rôle fondamental dans  l’épanouissement du monde social contemporain .Dans cas  de figure l’épreuve philosophique pour les classes de terminales surgit dans l’événement  de l’éclosion d’une fleur en témoignant de la nature créatrice  de cet amour de la sagesse.

 Devant cette réflexion que cherchent à analyser les philosophes  Faiza qui prépare son bac L nous fera savoir que le but  de l’enseignement de la philosophie permet  la construction en soi cela signifie pour notre interlocutrice  que celui qui essaie de rentrer avec cette discipline va lui permettre de réactualiser l’essence vital de la vie.

Dans cette lignée wafaa nous dira  le but de la philosophie aura continuellement pour objectif  de favoriser la réciprocité  des consciences unies par l’amour de la  sagesse.

Sur cet aspect de consécration des efforts pour l’obtention du baccalauréat , une frange d’élèves scientifiques se situent aux antipodes des filières littéraires telle que la philosophie en mettant en avant son caractère obsolète ; à cet égard Malik, futur bachelier filière scientifique se gausse de cette discipline qui à ses yeux   n’est que parlote .Devant ce délire de la raison, un enseignant de philosophie  passe au crible la façon d’enseigner cette discipline qui se noie journellement dans le bégaiement de la pensée.

Notre interlocuteur tire la sonnette d’alarme sur la manière dont est enseignée cette matière,  il dira qu’au lieu de promouvoir la réflexion, on impose aux élèves  d’apprendre des  sujets de dissertations toutes faites ; abondant dans le même sens il ajoutera que la quintessence de l’esprit philosophique par la contrainte des mots.

Pour endiguer cet asservissement de l’imaginaire qui désarticule le processus éducatif dans son ensemble, la culture doit être un devoir que l’espèce  humaine devra réactualisée.

Pour revenir sur la déperdition de l’enseignement de la philosophie, une doctorante nous fera savoir que cette discipline est un amour de la sagesse et englobe dans son sein le culte de la pensée ; dans le même sens elle ajoutera que le propre de l’homme c’est l’étonnement en évoquant les trois questions de KANT :

Qui suis-je ? , que faire ? , que m’est- il permit d’espérer ?

Sur ce cheminement philosophique elle dira que nous ne devons pas faire de la réflexion philosophique une étincelle romanesque  d’un patrimoine à visiter mais bien au contraire un idéal qui doit transcender les êtres humains.

Devant cette conception de l’archive, le philosophe DERRIDA a forgé un concept «  c’est bien l’anarchive » , ce terme fait appel à l’infidélité fidèle d’une œuvre ; autrement dit être témoin de reconnaissance  de dettes et en même temps avoir un esprit critique .

Il faudrait le souligner que l’espace dans lequel peut rayonner la réflexion est délimité par une inhibition de la rationalité qui semble avoir mis les bouchées doubles pour combler le déficit de l’ignorance. De ce fait, ignorance et fanatisme dansent un étrange ballet dont les metteurs en scène baragouinent sans cesse de piteux contre sens à l’encontre de l’univers réflexif qui pourra faire  advenir une société civile en constante évolution.

De ce point  de vue il est judicieux de voir la certitude d’avoir raison déshumanise l’ordre social, de ce point de vue le fanatisme religieux témoigne d’une manière tellement paroxystique  qu’on pourrait  voir  dans cette assurance un fait  pathologique  mais il peut  être assez banal  d’être comme on dit  » sûr  et certain du bien-fondé de ce que j’avance . La difficulté qu’on éprouve à détremper ceux qui sont  dans l’illusion l’indique immédiatement.

 il  faudrait affirmer sans emphase  que ce fanatisme religieux  au fil des siècle  ne cesse de se payait un renoncement de  la raison  car  dans ce sens la raison est embarrassée et  embarrassante , car ses recherches s’accompagnent d’incertitudes

De ce point de vue  on constate que par une forme d’indigence intellectuelle  l’espèce humaine  ne peut distinguer une assurance  qui obéit à l’injonction  de l’illusion c’est à dire celle qui précède le doute, est une assurance bien fondée celle qui succède au doute. Dans ce cas s de figure ce qui se présente comme assuré qu’on va douter pour permettre à cette assurance de s’approfondir en mettant en évidence le statut de l’évidence.

Il faudrait dire  que l’assurance d’avoir raison alors même qu’on se situe dans un espace  qui n’est pas habité par les concepts et les raisonnements  de la science est le signe  même de la raison  qui laisse place aux mythes.

Dans ce cas   de figure l’assurance d’avoir raison serait donc à proportion  non de la vérité  qu’on détient mais du « décentrement  » dont  l’espèce humaine  est  capable.

L’interdiction dogmatique  comme le disait le Philosophe  déshumanise les hommes  en le empêchant  de réfléchir  de façon normative , de ce fait « l’ immanence ».interdit la déconstruction du dogme en implique l’affaiblissement psychique  de l’humain en favorisant  la détresse infantile

Afin de barrer le chemin à ce désert intellectuel, un sociologue nous dira que pour revitaliser ce lien déliquescent ,il serait impératif de promouvoir la culture d’échange d’où le cri de Rimbaud «  Je est un autre »car c’est à travers la communication qu’on se connait soi-même ; dans ce sillage il préconise la mise en exergue   la curiosité et la réflexion en citant Montaigne qui valorisait la contagion d’un air inconnu et en deuxième lieu, par l’affrontement des incertitudes en citant la formule du poète Eurépide qui disait «  que l’’attendu ne s’accomplit pas à l’inattendu un dieu ouvert à la porte » ,c’est dire que tout progrès comporte un double jeu dramatique , progression /régression.

Abondant  dans ce sens  en questionnant  l’inactualité de cette discipline à travers les siècles, un chercheur en philosophie   nous fera  savoir qu’il s’avère compliquer de  penser l’actualité de la philosophie « en terme de «  contemporanéité chronologique »A ce tire il rajoutera  arriver à  penser les raisons de son ancienneté « du vieillissement  d’une philosophie , c’est aussi saisir les conditions de sa réactualisation ».

Sur ce volet notre interlocuteur  nous fera savoir que la philosophie met en exergue le scepticisme  qui consiste de prime abord à se déprendre des préjugés et des vérités toutes faites que ce soit pour les rejeter ou les invalider pour mettre au routine d’obéissance comme le souligne Vincent Cespedes  .

Devant la liberté d’expression  qui demeure semblable à un périple semé d’embuche, Hind enseignante à l’université de paris  nous fera savoir  que la liberté de penser n’est pas dangereuse pour un état mais qu’elle est au contraire  tout à fait  cruciale à son bon fonctionnement ,et tout  qui tentent  de museler cette liberté selon notre interlocutrice  voudront tout simplement s’assurer un pouvoir personnel en se maintenant   à ce pouvoir en  affaiblissant tous les membres de la société.

Dans cette lignée  elle  nous dira  que l’intervention de la philosophie dans la liberté d’expression  favorise  l’élaboration du discours raisonnable et la construction des êtres raisonnables, de  ce point de vue l’implication  de la sagesse mettra en relief la réflexion.

Enfin l’enseignement philosophique aura pour tâche de stigmatiser le bégaiement de la pensée qui mène au cimetière social du dogme qui étouffe la valeur créatrice .De tout temps, l’esprit philosophique est devenu l’esprit frondeur en citant Socrate qui disait « reconnaître notre ignorance est le commencement de la sagesse ».

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