Le lourd poids d’un corps de femme

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Tout  conservatisme en faveur des valeurs traditionnelles et religieuses, entend que le corps de la femme soit au centre de toute manifestation culturelle ; enguirlandé aux mariages, prude aux enterrements. A chaque événement son accoutrement et à chaque état d’âme sa fantaisie. Dés lors, son corps lui est confisqué, devient l’objet disloqué et fétichisé d’une communauté, d’un lieu, d’une mémoire, d’un père, d’un frère, d’un mari, d’un fils mais jamais le sien. Un objet, un mécanisme, réductible à une fonction strictement charnelle et reproductive dont il faut se méfier pour pérenniser les meurs et éviter leurs chute.

En tout ressort, toute organisation sociale humaine prônée par des usages culturels rétrogrades, qui, font toute économie de raison, en sont le facteur fondamental d’oppression envers les libertés individuelles, et la femme en est la première victime. Reléguée au rang de procréation et de servitude, elle se tient en marge de la vie quotidienne, réduisant à très peu sa participation dans la société civile et politique.

Thermomètre et régulateur de l’ordre social, les mouvements qui accompagnent le corps féminin seront appréciés selon des préceptes entièrement distincts de son homologue masculin. A proprement parler, la femme ne procède jamais son corps. L’image qu’elle véhicule à travers les animations de ses membres est la réflexion d’un ensemble de valeurs instituées, dont elle est l’unique gardienne. Elle se doit de tenir en bride ses gestes, ses mouvements, l’intonation de sa voix et de sa pensée, au point de prendre des mines mièvres et affectées pour faire valoir ses opinons.

L’évolution de notre société durant ces deux dernières décennies, en a voulu autrement, et la femme s’est réapproprié certaines places publiques, à travers une ascension sociale hâtée et mal appréhendée ; à en atteindre un niveau de liberté, hypocritement, factice et conditionnée. Par extension, elle jouit de la libre circulation mais régulée sous l’œil avisé de ses détracteurs.

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