La liberté féminine, encore des efforts !!!

1
708

Par Adnan H

« Sa beauté c’est sa fatalité on l’enferme par ce qu’elle est belle, or il faut la laisser sortir pour montrer sa beauté »

Quand une femme est agressée pour avoir osé faire un jogging dépasse l’entendement. Une violence gratuite  que personne ne peut justifier. L’histoire de Rima, cette jeune joggeuse agressée  a enflammé  la toile et suscité un élan de solidarité pour mettre un terme à cette attitude lâche qui relève de l’obscurantisme le plus aveugle

La dimension de la féminité en Algérie ne cesse de manifester des attitudes et réactions pathologiques qui ne sont que la résultante de la de- liaison sociale. Ce bric – à -brac traditionnel n’est pas sans incidence sur les pratiques régressives qui nourrissent la pathologie sociale tout en asservissant l’imaginaire.

L’éducation informelle qui trouve refuge dans l’instrumentalisation du religieux illustre parfaitement le bégaiement de la pensée. Comme le disait Antonio Gramsci « introduire l’éducation religieuse à l’école c’est refuser d’éduquer le peuple »

Le décryptage de ce phénomène qui en dit long sur la précarisation psychique des individus ou de la société qui  comblent le déficit d’horreurs depuis la décennie noire ne peut que soulever l’épineuse question du conflit œdipien et l’évolution de la place du père dans la société dite entrouverte.

La référence à  Freud dans totem et tabou est une piste intéressante pour comprendre l’unité psychique qui demeure méconnue, même si une frange progressiste se laisse frelatée par la servitude volontaire

Pour comprendre le malaise féminin, il faut faire appel à la réflexion salvatrice  Katebienne pour déboulonner la pièce maîtresse de cette phallocratie qui se complaît dans un surmoi aux aguets.

Ceci dit outre l’avalanche du surmoi qui met en branle une intériorisation des normes, l’acceptation psychique de la misogynie .chez ceux qui se pensent esprits libres, continue de debliser leur conception à partir d’un conflit œdipien non résolu.

A cet égard, le traitement de la question de la sexualité et pour ainsi dire l’érotisation des rapports nous démontre la mise en abîme de vouloir combler ce trou qui sied avec la virilité.Acet égard Simone de Beauvoir disait “ Personne n’est plus arrogant envers les femmes, plus agressif ou méprisant, qu’un homme inquiet pour sa virilité.”

Dans ce cas de figure on s’en donnera à cœur joie d’entendre les voix féminines tentant de chatouiller cette virilité enfuie dans l’inconscient et qui rappelle aux in- fortunées du progrès certains propos,  je n’apprécie pas ou bien tu peux mieux faire ; ainsi la résurgence de la pratique islamiste tant décriée par un effet de mode se voit réactiver pour se prémunir du danger.

Ce bref survol a pour  but  de faire fructifier la subjectivité qui reste dominée par les sirènes de la castration .Simone de Beauvoir nous dira, un homme qui ne respecte pas la femme, il aura peur de perdre sa virilité; cruauté de la crise sexuelle.

La conflictualité socio politique asservit davantage l’imaginaire des citoyens .La mortification du lien social laisse place à la débilité imaginative qui développe un aliénisme sans précédent.

Au-delà de la « socialité anomique « , l’atavisme séculier cohabite avec la régression sociale qui cible une fois de plus la femme considérée comme responsable de tous les maux.

Pour contourner l’autonomie stop and go, il faudrait  s’informer auprès d’imminents prêcheurs et comprendre les conseils prodigués pour battre la femme; thème favori de ces fanatiques. Si on fait une chronologie temporelle, on pourra se rappeler qu’à une époque où l’analphabétisme  et l’ignorance sont lois,  certains députés discutaillaient sur la longueur du bâton  à utiliser pour châtier la femme, objet  de désir et de convoitise comme le disait Rachid Mimouni.

L’exacerbation du conflit homme/femme démontre avec insistance que la crise algérienne a  une dimension sexuelle et l’aspect énigmatique de l’atomisation du corps sociale  montre en premier lieu la méconnaissance de la sexualité psychique qui fait de l’enfant et l’adulte des victimes.

Par cette inertie couplée à la détresse infantile, les chemins de traverse de la domination masculine dont parlait le sociologue Pierre Bourdieu demeure bien ancré dans l’inconscient tant individuel que collectif.

D’après des faits réels, nous ne pouvons occulter l’existence d’une abondante littérature qui essaie de décortiquer le malaise de la subjectivité ; cette négation dominée par la frustration sociale.

Même la profusion de films cinématographiques  ainsi que de romans pour affronter l’abîme  ne changent pas grand-chose, la nappe bien lisse de la phallocratie qui guide les esprits est bel et bien présente.

Chose qui peut surprendre c’est de voir que la production cinématographique des années 70  de peignait le refus de la féminité et le vacillement de la virilité masculine ;le film de Omar guetlatou en  est l’exemple édifiant .A cet égard   nous ne pouvons éviter  de mettre en exergue l’illustration filmique de Kendil  El Bahr où Adila Bendimerad abordait la notion du machisme du corps  lors d’un entretien sur YouTube.

Cet aspect développé par l’actrice est pertinent dans la mesure où le sujet pourra déboulonner à son tour le tabou corporel en le confrontant à la réalité surmoïque ainsi faire  sortir les ratages de la « pudeur genrée » qui trouve son aise dans l’archétype culturel.

Au-delà de l’analyse de Norbert Élias dans son livre, la civilisation des mœurs, qui analyse l’essence de la pudeur, ne serait-il pas de judicieux de nous plonger dans les méandres sublimes du discours psychanalytique qui  explique l’essence de l’inconscient et par conséquent la « « père -version. »

Enfin, Pour éviter une délectation morose  du sexisme ambiant, il est temps de réhabiliter le discours philosophique/psychanalytique  sur la question du refus de la féminité  au lieu de surfer  sur une vague de militantisme qui au-delà de sa posture courageuse se heurte à un climat « intellecticide »

 Adnan H

1 COMMENTAIRE

  1. Concernant la phrase géniale de Simone de Beauvoir disait “ Personne n’est plus arrogant envers les femmes, plus agressif ou méprisant, qu’un homme inquiet pour sa virilité.”, plasticienne engagée, j’ai réalisé une oeuvre intitulée « Phallocratie » sur le sujet de la domination sociale, culturelle et symbolique exercée par les hommes sur les femmes.

    Quand l’art permet de parler toutefois avec humour de cette prégnance virile !

    A découvrir :https://1011-art.blogspot.fr/p/phallocratie.html

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here