Bougroune ; une autre comédie biscornue

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Par Boudj 

Est-il trop tôt pour parler d’une série ramadanesque qui tient plus de la bouillie dont ne ressort aucun gout particulier qu’à la traditionnelle chorba des maisons ? Non, pas le moins du monde et ce, même si on a tout juste passé le premier tiers. Surtout que les programmes, quoiqu’en disent certains « critiques » sur Bougroune de Rym Ghazali.
Ecrit, réalisé et joué par Rym Ghazali, Bougroune se veut un programme drôle mêlant passé et présent, entre 2018 et ….- 30 000. Juste pour info, il y a 30 000 ans, nous étions à une époque où l’homme commençait à peine à fabriquer des flûtes avec des os d’oiseaux, alors de là à mettre en scène un sarcophage égyptien, un colisée et des décors datant du moyen âge en Arabie, il n’y a qu’un pas que Rym Ghazali franchît avec l’aisance d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. L’anachronisme a de beaux jours devant lui dans les fictions algériennes.
J’ai complètement oublié de vous parler de la trame, Messaoud est un scientifique qui depuis des années travaille pour mettre au point une machine à voyager dans le temps pour allant 30 000 ans en avant. Une petite erreur et voilà qu’il se retrouve projeté 30 000 ans arrière, entouré d’un royaume qui voue un culte aux combats de moutons et qui ne se nourrit que de loubia (soupe de haricots), imaginez que vous ne mangerez que ça toute votre vie.
Il sauve le mouton de la reine, qui répond au doux nom de Hidoura (la peau du mouton avec sa laine), et devient un personnage important qui doit sauver le royaume en ramenant des moutons du futur, en 2018, avec Hidoura qui l’accompagne et qui tombe sur citadins, l’algérien moyen des quartiers populaires, avec toute la caricature qui va avec, de la chique au survêtement avec le nouveau look capillaire, en passant par leurs hobbys de tous les jours, voler et agresser…
Rien de choquant à part un monceau de caricatures aussi fade qu’inutile qui ne servent à aucun moment une trame bancale qui se perd dans un mauvais jeu d’acteur surjoué et assumé. L’image est belle, envoutante et limpide à souhait avec des scènes d’action mais du cabotinage outrancier, à l’image des citadins, entonnant à la moindre occasion un chant de stade de foot, tout en se remémorant leurs belles agressions, la seul personne qui s’en sort est Imed Benchenni, qui joue le rôle de Bouzellouf (tête de mouton), inexpressif et transparent.
Oui, bien sûr on peut toujours saluer le fait que cette mini-série passe sur le réseau MBC, mais est-ce que cela doit justifier son manque d’imagination avec l’utilisation pour la 2557463168951368789168ème fois, le thème du voyage dans le temps et le choc des époques pour servir la cause du divertissement mais qui ne réussit à aucun moment à jouer un vrai ressort comique en plus des situations totalement télescopées, sans oublier ce que tout scénariste télé considère comme une véritable mine d’or, la caricature de l’algérien des quartiers populaires.
Au début, je me suis dit, je ne vais voir qu’un épisode mais par conscience professionnelle, j’en ai vu 10 des épisodes, et ce sont 10 raisons valables de ne pas allumer sa télé après un bon repas, pour mieux aller jouer une partie de dominos.

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