La bataille d’Alger, un film dans l’histoire : une épopée oubliée

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SEPTEMBER 20: Algerian rebel Ali La Pointe (Brahim Haggiag) is set upon by the Europeans in a scene from the movie "The Battle Of Algiers" which was released on September 20, 1967. (Photo by Michael Ochs Archives/Getty Images)

Par Boudj

Il est de ces films qui ont marqué au fer rouge tout un peuple de par son message de détermination. Partant de ce postulat, Malek Bensmaïl a réalisé un long documentaire retraçant le parcours fait par Yacef Saadi, Gillo Pontecorvo et Franco Solinas pour faire un film authentique au sens historique du thème.

Dans cette œuvre richement documentée de témoignages aussi divers que variés, retraçant un voyage des étonnant d’un film qui aura permis d’éveiller les peuples dans leurs aspirations à l’abattage des murs de la répression. La caméra et les séquences tendant à mettre le spectateur entre deux époques qui n’ont aujourd’hui de commun que le lieu. Mais regorgeant encore de vie.

Car au-delà des considérations techniques, le documentaire signé Malek Bensmaïl éclaire le spectateur sur tout un pan de l’Algérie postindépendance, qui véhiculait un message de courage et de bravoure pour les peuples opprimés. Rien d’étonnant alors que le mouvement des Black Panthers voyait un manifeste de liberté, et que la France ne voyait qu’un film de propagande dangereux qui l’aura irrité avec ce Lion d’Or remporté à Venise en 1966.

Ainsi, la Bataille d’Alger avait montré la voie aux autres, le néo-réalisme italien avait donné un souffle sans précédent. Au-delà donc de son succès populaire, « la bataille d’Alger » a cette portée historique qui en fait un film à part dans l’histoire du cinéma.

Il est néanmoins à regretter que le documentaire de Malek Bensmaïl ait été produit un peu trop tard par rapport à d’autres productions qui, se voulant célébrer l’indépendance,  ont pour la grosse majorité lamentablement échoué à rendre pleinement hommage à la guerre de libération. Car le documentaire de Malek Bensmaïl aurait pu être une sorte de direction à suivre pour les auteurs de fictions, au même titre que le film de Gillo Pontecorvo.

N’allant jamais vers les aspects négatifs de la vie algérienne d’aujourd’hui, Malek Bensmaïl a pris, et assumé, le costume d’archéologue du cinéma pour redonner un second souffle à un film ancré dans la culture populaire algérienne, mais dont le peuple semble avoir oublié les idéaux et préceptes. Un véritable rappel de l’histoire s’offre aux spectateurs et bonne nouvelle, une nouvelle projection se tiendra à la salle Mouggar le 8 mai à l’occasion de la célébration des évènements du 8 mai 1945, ainsi que de prochaines projections qui pourraient être programmées pour le mois de Ramadan.

 

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