Jusqu’à la fin des temps : de la fraîcheur et de l’audace

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Par Boudj

Comment donner envie aux spectateurs d’aller voir un film algérien ? La réponse est simple, un film attrayant et divertissant. La tâche n’est pourtant pas facile mais elle est réalisable si toutes les conditions sont réunies. « jusqu’à la fin des temps » de Yasmine Chouikh semble réunir les ingrédients nécessaire pour passer du bon temps dans une salle obscure.

Le pitch du film, Joher (Djamila Arres) est une sexagénaire qui est venue à Sidi Boulekbour pour se recueillir sur la tombe de sa sœur, déprimée et au bout du rouleau, elle n’a qu’un but, préparer ses funérailles de son vivant avec l’aide d’Ali (Boudjemaa Djillali), le gardien du cimetière. Mais elle ne se doute pas qu’elle trouvera bien plus.

L’histoire semble banale, elle commence lentement, avec l’installation des personnages, qui se fait crescendo, chaque personnage est singulier dans sa mélancolie, ses joies et ses aspirations dans cette vie, quoi de plus singulier dans un film qui a choisi une atmosphère morbide avec un cimetière et les personnes qui gravitent autour.

Il est vrai que par moments, l’histoire manque de consistance mais ce manque de consistance, voire de profondeur, est compensé par une distribution qui tient la route (Boudjemaa Djillali, Djamila Arres, Mohamed Takiret, Mohamed Benbakreti, Imen Noel, Mehdi Moulay) et leur histoire à eux, comme celle de l’ambitieux Nabil (Mehdi Moulay), qui veut créer une entreprise de pompes funèbres, et des moments qui offrent un humour noir des plus savoureux, la séquences des pleureuses professionnelles vaut son pesant de rires.

La route, ces personnages nous accompagnent et son un peu le reflet de notre société, même dans un environnement aussi réduit qu’un petit village qui ne s’anime qu’un fois par an pour la visite des familles à leurs parents disparus. Le ton est léger même si le sujet reste présent, les personnages gravite autour de l’univers mortuaire mais respire la vie et l’amour, baignant aussi dans leurs propres doutes et hésitations.

Fait assez rare pour un long métrage algérien, qui respire au final la vie, où la préoccupation et l’aspiration première des protagonistes sont l’envie de vivre et d’être heureux. Ils voulaient tous être des bienheureux dans une Algérie qui semble loin de ses turpitudes quotidiennes où le bonheur est pratiquement banni. « Jusqu’à la fin des temps » porte un regard sur l’être humain qui semble nouveau, avec ce focus particulier sur un petit village et la vie tranquille, du moins en apparence, qu’il y a.

« Jusqu’à la fin des temps » navigue allègrement entre la comédie noire et la romance, mais c’est une comédie romantique, une vraie. Ce qui est une vraie prouesse pour un premier long métrage. Offrant au spectateur cette dose de divertissement qui lui ai nécessaire et qui me fait dire, voilà ce à quoi doit aussi ressembler le cinéma algérien, il doit oser aller dans un peinture authentique sans artifice. En effet, il présente une sobriété maîtrisée et a tout fait pour qu’il n’y ait pas d’excès.

La jeune réalisatrice, qui est a son premier long métrage a réussie a offrir au public séniphile un véritable moment de beau cinéma algérien.

« Jusqu’à la fin des temps » de Yasmine Chouikh sera distribué au niveau national à travers le réseau de salles dont dispose l’ONCI à partir du 26 mars.

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