Dorsaf Bouteldja : « le personnage de mon livre porte un message universel »

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Dorsaf  Bouteldja est une jeune écrivaine de 29 ans. Elle est enseignante de français dans un lycée et aussi traductrice littéraire. Elle habite Bordj Bou Arreridj du coté de Ras El Oued et vient de publier son premier roman chez Edilivre, intitulé « tu ne le changeras pas ». L’occasion de nous parler de femmes et d’écriture.  

Interviewée par Boudj

La mosaïque du Triomphe indien de Dionysos vous a inspiré votre roman, qu’est-ce qui a déclenché l’intrigue pour écrire tout un roman autour de cette œuvre ?

J’ai découvert cette œuvre pour la première fois quand j’étais à l’université, j’étais toute de suite émerveillée par sa beauté, je contemplais chaque détail, chaque coin, je voulais comprendre ce qu’elle signifiait mais malheureusement, je ne faisais pas de ça ma priorité. Pourtant,  je  m’y rendais souvent au musée pour la contempler,  à une période c’était pratiquement, chaque semaine. A vrai dire, plus je le faisais plus  je sentais très fort qu’elle voulait me dire quelque chose et pour nourrir ce besoin de communication, ce sentiment fort que je ressentais je  laissais errer mon imagination et j’inventais à  chaque fois une nouvelle interprétation  , des fois réaliste, des fois  féerique, ça dépendait en fait,  de mon état d’esprit. Après je ne voulais pas que ces scénarios qui défilaient dans ma tête cessaient. Je continuais à les alimenter jusqu’à ce qu’un jour  la plume avait pris  le relais et voilà elle avait retracé toute une histoire autour de cette œuvre.

Il s’agit de votre premier ouvrage, avez-vous connu des difficultés au niveau des recherches puis de l’écriture ?

Oui ! En effet, le triomphe indien de Bacchus est une œuvre qui n’a pas fait couler beaucoup d’encre. Si bien qu’elle soit une œuvre unique dans le monde. Du  coup j’ai eu du mal à trouver la documentation au début seulement.  Mais après j’ai réussi à retracer toute son histoire et sa signification. C’est la raison d’ailleurs qui m’a poussé à consacrer une bonne partie d’un chapitre rien qu’à la signification de cette œuvre, car je pense que c’est un patrimoine qui mérite d’être connu de tous.

Votre personnage semble être une créature fragile, est-ce pour vous l’image actuelle de la femme algérienne ?

Giga porte un message universel, elle  raconte en effet  l’histoire de toutes les personnes qui ont perdu espoir dans la vie et notamment dans le concept  de justice, d’amour et de croyance mais qui tentent pourtant de se relever et de  reprendre leur vie en main.

La particularité dans cette histoire, c’est que le processus est inversé. Il ne s’agit pas d’un  personnage féminin fragilisé par les circonstances qui succèdent des tentatives de survie en ayant de l’espoir, du courage et  de  la croyance, comme on a souvent l’habitude de voir, mais il est question plutôt, d’un personnage détruit par les circonstances  qui tente de survivre en étant désespéré, découragé et surtout dépressif.  Pourquoi? Parce que je pense qu’on n’est pas tout le temps solide face aux circonstances et qu’il faut justement en parler pour savoir décerner l’illusion que le désespoir peut engendrer dans les moments critiques.
   

Pourquoi ce titre « tu ne le changeras pas » ?

Réfléchissez un instant avec moi qu’est ce qu’on ne pourrait pas changer dans le fond d’un être  humain ? C’est le vide qui existe au fond de chacun, c’est ce néant qui nous accompagne, c’est cette obscurité au fond de nos cœurs qui nous terrifie . Tu ne le changeras pas c’est pour dire: ne renie pas ce néant, car ça ne va pas le faire disparaitre mais trouve lui un sens avec l’art, la beauté et ce que tu peux offrir à l’humanité. Ainsi Sémélé chantait alors que Bacchus jouait à la flûte :
« Ah espèce d’éphémère ! Tu te crois tout mais tu n’es que néant.

Ah misérable ! Tu ne seras supérieur que lorsque les airs de la musique qui résonne, emportent tes sens
Ah mortel ! Si tu savais que le néant est en toi ! Tu ne le
changeras pas !
Laisse les sens se confondre pour l’oublier
– Tu ne le changeras pas ! Tu ne le changeras pas ! Tu ne le changeras pas !

Qui dit premier ouvrage, dit second ouvrage, avez-vous de premières idées pour votre prochain livre ?
J’ai en effet, une autre nouvelle en cours de publication chez la même maison d’édition qui s’intitule  » le chemin de la maison » Celle-ci est un témoignage fictif d’une enfant qui exprime ce qu’elle ressentait face à la terreur  de la décennie noire.

Boudj

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