ESBA : Dé-folklorisation de la Création Algérienne

0
542

Par Nahla Naili

Acte 1 : LA FORMATION ARTISTIQUE EN ALGERIE

A l’heure où la famille algérienne des arts plastiques est en deuil pour l’immense perte de deux symboles de l’histoire de sa peinture moderne ‘Choukri Mesli’ et ‘Salah Hioun’ (Que Dieu accueille leurs âmes en paix) ; Une jeune génération d’artistes plasticiens est affolée par son devenir !

Au delà du vide juridique, et du parcours du combattant que subissent les créateurs et jeunes artistes algériens autodidactes et diplômés, quant aux droits d’auteurs et au droit d’exercer leur art avec légitimité et dignité ; c’est aujourd’hui, dans l’œuf, que l’on essaye encore de tuer les artistes en herbe, de l’école supérieure des beaux arts d’Alger, en privant simplement ces étudiants légitimes de la république démocratique et populaire, d’une rentrée universitaire. Des étudiants titulaires d’un baccalauréat, et retenus à un concours national pour l’intégration de l’unique école algérienne supérieure des beaux arts, située à Alger.

En effet, voilà plusieurs semaines que la rentrée universitaire 2017- 2018 est retardée. Les problèmes sont récurrents depuis plus de 30 ans : absence de résidence universitaire attitrée/ absence de budgets / situation sans suivi avec la tutelle (Ministère de la culture), sauf en cas de crises/ abandon de toutes responsabilités de la part du ministère de l’enseignement supérieure et de la recherche scientifique, cotuteur de l’école / désintérêt total de la fonction publique pour le secteur des beaux arts/Arts plastiques/Arts.

Les visites sans lendemain des multiples ministres en poste, stoppent systématiquement les mouvements estudiantins contestataires comme Infidj’Art en ( 2015 – Labidi ), ( 2016- Mihoubi ) , qui dénoncent en consensus avec les étudiants des écoles régionales , cette affreuse réalité de l’étudiant en Art, en Algérie !

Voyez donc comme nous tuons l’art et les artistes en résistance pour un développement durable des mentalités dans notre pays ! Voyez comme nous asphyxions une jeune génération pleine de talents et d’avenir ! Qui finit par fuir quant elle en a l’opportunité ! Non par choix, mais par nécessiter ! Non pas par volonté, mais par défaut, afin d’être enfin accepter et reconnu pour son talent, dans une société, autre que celle qui ne reconnaît l’artiste que pour son folklore!! Une société autre que celle qui ne voit aucune utilité dans le fait de former, de promouvoir, de soutenir et de valoriser des artistes, et des étudiants en arts !

Voyez comment sont traités, ceux qui ont choisis, souvent au delà d’un avis favorable de leurs proches et d’encouragements, la voie tumultueuse des métiers de la création ! Faut il rappeler qu’en zoomant sur les perspectives d’une vie professionnelle en tant qu’artiste, nous sommes très vite freiner ! Marginaliser ! Créer pour vivre et puis quoi encore !!!? Je veux dire vivre pouvoir payer un loyer ! Avoir une sécurité sociale ! Vivre simplement de son art ! Ou trouver sa place dans les entreprises pour créer et embellir le quotidien de millions d’algérien par la pouvoir du beau, du nouveau, du complexe et de l’abstrait ?

L’administration publique, la loi, et aujourd’hui l’école ne reconnaissent pas la nécessité de protéger les artistes pour préserver la république et la démocratie ; Sauf peut être quand il s’agit de les enterrer !! Le format de l’artiste/entrepreneur serait il trop abstrait pour être visualiser par nos administrateurs publics qui ont déjà du mal à visualiser celui l’artiste tout court ! Par expérience, je dirai que oui !

Ne nous étalons pas ici sur ce qui est aujourd’hui un chantier impérativement urgent pour l’Algérie de demain. Rappelons simplement que l’école supérieure des beaux arts d’Alger agonise aux vus et sus de tous, et qu’aujourd’hui, personnes ne réagit à ce drame national, qui concerne deux ministère et la nation toute entière ! Car oui monsieur, tous les algérien ont le droit à l’art et à la création autant qu’à la santé publique .

Ne voyons nous donc pas que l’art apaise ? Que l’art ouvre les esprits et pence les blessures ? Que l’art rassemble ? Qu’il éduque ? Ne comprenons nous donc pas la nécessité de laisser l’artiste ponctuer la société contemporaine ? Son rôle dans la cohésion sociale ? Dans le développement durable ? Dans la fertilisation du secteur de la culture et des mentalités ? Dans la réalisation de l’optimisme populaire ? Dans l’innovation ? Dans l’amélioration du vivre ensemble ? Où sommes nous simplement, tellement obscurantistes qu’il nous faudra dépasser le postulat de l’art Haram ?!!!!!!!

Je lance un appel d’urgence aux ministères de la culture, de l’enseignement supérieure et de la recherche scientifique, ainsi qu’aux professionnelles de l’enseignement artistique , aux médias , aux amis de l’art , pour trouver des solutions à ces étudiants en détresse universitaire et morale puisqu’ils demeurent, en ce début de décembre 2017, sans nouvelles des dates officielles de reprises des cours.

Par Nahla El Fatiha Naili Bouhired
Artiste – Sculpteure, diplômée de l’ESBA ,juin 2016.
Doctorante en Science de l’Art – Paris 1
Ex Présidente du comité autonome et représentatif des étudiants des beaux arts d’Alger (2012 – 2015)

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here