Ciel Rouge : la couleur n’avait pas son importance

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Par Boudj

Qu’elle soit bonne ou mauvaise, une critique de cinéma se veut aussi être un point de chute pour le lecteur, qui parfois ne sait pas donner de la tête quand on lui a fait perdre 90 minutes de sa vie. Après, on peut ne pas être d’accord sur l’acharnement du critique, mais il faut dire aussi que quand tu vois un film qui te laisse avec une migraine carabinée, tu te dois de trouver les mots justes pour ne pas faire jaser.
Le film qui donne la migraine en l’occurrence s’appelle Ciel Rouge, premier long-métrage d’Olivier Lorelle, l’histoire n’est pas compliqué. Philippe (Cyril Descours) est un soldat engagé dans une opération de pacification de l’Indochine, mais il déchante quand il apprendra qu’il doit torturer une rebelle vietminh (Audrey Giacomini), et qu’il devra la tuer. Il décide alors de la libérer et de se sauver avec elle.
Jusque là, l’histoire pouvait tenir la route, le décor était installé, l’humidité, la verdure de cette magnifique forêt vietnamienne ainsi les bestioles qui grouillent sur le sol. Tout pouvait accrocher le spectateur à la recherche d’une sorte d’exploration de la nature humaine, car le but aussi à travers le parcours de ce couple dans l’immensité de cette flore est de montrer le rêve, les aspirations et les idéaux, sauf que c’est raté.
Rien, absolument rien ne pouvait préparer le spectateur à une telle débandade, car là où le film a pêché, c’est dans prétention de s’inscrire dans une logique de film d’art en quelque sorte. Dotés d’un intellectualisme mal placés, les dialogues du film stéréotypés, à tel point qu’on n’y prête plus attention.
Le jeu d’acteur n’a pas du tout aidé à fluidifier le tout, si Audrey Giacomini s’en sort avec une certaine justesse, elle exprime la détermination par moment, mais déclame avec une certaine monotonie un discours convenu que tout révolutionnaire de café de gare connait par cœur. Cyril Descours, par contre, se noie dans son propre discours, il ne semble même plus faire l’effort de jouer de réelles émotions, si ce n’est peut-être quelques séquences où il devait montrer plus qu’un simple minois perdu dans l’immensité de la forêt vietnamienne , sa première confrontation avec les soldats après être passé du coté vietminh est un parfait exemple.
Pour rester sur le personnage de Philippe, on avait aussi le sentiment que la caméra ne l’aimait pas, et de façon général, la caméra n’a pas semblé aimé qui que ce soit, à part la forêt vietnamienne. L’image est belle, le cadre idyllique et c’est ce qui ressort le plus du film, car le scénario est tout bonnement bancale.
Et pour en finir, ce qui a aussi handicaper ce film est sa longueur, en plus des longueurs voulues dans le film et qui l’ont rendu à certains moments soporifiques. Voilà, je suis maintenant soulagé de ma migraine.

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