Clément Debeir : « les ingrédients pour une belle histoire étaient présents »

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Nous sommes allés à la rencontre de Clément Debeir, qui a réalisé, récemment, un documentaire intitulé « du rugby en Algérie », et consacré au renouveau du rugby en Algérie. Celui-ci a bien voulu répondre aux questions de Culture DZ.

Entretien réalisé par Boudj

Parle-nous de ton parcours ?

Je suis né dans le Nord de la France, loin du rugby (bien plus développé dans le Sud) et de l’Algérie ! J’ai fait des études de droit, de sciences politiques puis de journalisme. J’ai été photo reporter puis je me suis dirigé vers la réalisation audiovisuelle et interactive petit à petit. Du Rugby en Algérie, coproduit par France Télévisions, est mon premier documentaire télé de 52 minutes.

Tu viens de réaliser un documentaire sur la naissance de la fédération algérienne de rugby, comment t’est-venue l’idée de la démarche ?

Avec Claire Burgain, qui est la chef opérateur du film, nous avions déjà eu la chance de travailler en Algérie pour des sujets pour la presse magazine française (les Inrockuptibles, Géo Ado). On avait notamment travaillé sur l’histoire de la musique hard rock et métal en Algérie et on avait suivi le retour au pays d’une petite gamine qui était à la fois algérienne, française et suisse pour montrer son quotidien à Alger. Pour revenir à l’histoire des rugbymen, c’est Claire qui un jour est tombée sur un article dans la presse parlant d’un match, à Toulouse, qui devait opposer une sélection algérienne à la Côte d’Ivoire… Peu de temps après, nous avons rencontré Azzouz Aïb, aujourd’hui secrétaire général de la Fédération Algérienne de Rugby. A ce moment, il n’existe aucune structure. Pas de Fédération, pas d’équipe nationale au sens strict. Si ce n’est une bande de joueurs et d’anciens joueurs de rugby mus par un même objectif un peu fou.

Quelle a été ta démarche concernant le travail de recherche, vu que le rugby était bien implanté en Algérie jusqu’aux années 70 ?

L’idée est que tous les ingrédients d’une belle histoire étaient présents dés le départ dans cette épopée : deux peuples qui se sont hier affrontés ; Le départ des coopérants français d’Algérie qui entraîne celui du rugby, dans les années 70 ; et enfin le retour de ce sport par le biais de binationaux ayant appris et pratiqué le rugby en France. L’abnégation que montrent ces hommes ne fait que renforcer la dimension fabuleuse de cette aventure.

Que penses-tu de cette nouvelle équipe d’Algérie dans l’état actuel des choses ?

Sportivement ? Ça tient la route. Dés que nous avons commencé à les suivre, en 2015, ils se démarquaient des autres par un mode de fonctionnement très pro : intendants, médecin, kinés, … Et tout ce monde-là était bénévole et parfois même payait de leurs poches les billets d’avion pour les déplacements. Là, ils viennent de gagner le match de finale de la Coupe d’Afrique poule C contre la Zambie. Avec le réservoir de joueurs dans le Championnat de France pouvant postuler à une sélection, que ce soit en Top14, en ProD2 ou en Fédérale1, l’équipe ne peut que progresser dans les années qui viennent. Pour le reste, il va falloir que tous les hommes qui structurent le rugby en Algérie aient les épaules fortes. Les dizaines de clubs créés doivent s’ancrer plus profondément encore et beaucoup de travail reste à faire pour que la Fédération soit soutenue comme il le faudrait par les institutions et l’administration de ce pays

Quels sont tes projets futurs ?

J’ai au moins deux projets documentaires qui n’avancent pas beaucoup dans l’écriture je dois dire. Il y en a un des deux qui concernera encore une fois, de près ou de loin, l’Algérie. Et puis j’aimerais revenir pour y prendre des vacances. Revenir manger des glaces à Annaba, voir des matchs de foot, visiter Tlemcen et plein de sites archéologiques dans le pays et retourner manger dans un excellent restaurant à viande d’Alger (le nom m’échappe) !

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