Nous n’étions pas des héros : l’honnêteté avant tout

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Par Boudj

Quand on a la chance de tomber sur un bon scénario, tout ce qui reste à faire est la mise en boite. Et quand ledit scénario relate des faits réels tirés d’un ouvrage qui est paru, il ne faut absolument se rater.

Et le cas de « Nous n’étions pas des héros », réalisé par Nasreddine Guenifi laisse un peu perplexe, non par la clarté du récit, qui relate les années d’enfermement d’Abdelhamid Benzine, ancien combattant de l’ALN et journaliste, dans le camp de Boghari (prison de Lambèse).

Il ne laisse pas perplexe de par l’histoire, que Nasreddine Guenifi a adapté fidèlement (peut-être un peu trop ?), relatant la plus grosse partie du parcours de prisonnier d’Abdelhamid Benzine, campé par Ahmed Rezzak.

Le film relate dans son ensemble ce qu’a vécu Benzine pendant son emprisonnement, néanmoins, il ne s’axe pas seulement sur ce seul personnage. Il a aussi des compagnons qui sont là et qui souffrent comme lui de la brutalité des officiers de la légion étrangère, chargés de rééduquer ces éléments rebelles.

L’approche est simple, un huis clos qui mêle sévices et tortures en tout genre en plus des travaux forcés. Mais malgré tout, il y a quelque chose qui semble sonner faux, et ce ne sont pas les légionnaires avec leur reprise de « Non, rien de rien » d’Edith Piaf.

Parce qu’il faut gratter un peu pour se rendre compte que ce qui fait cruellement défaut à une histoire qui, aucun moment, n’a besoin de ressors de fiction précis, dérive dans un enchainement d’images et de scènes parfois insoutenables. Eh oui, ce n’est pas facile d’être prisonnier de guerre et sûrement pas pendant la guerre de libération.

Du simple coup de bâton à la séance de léchage de bottes au sens propre, il en découle naturellement un ressors dramatique certains mais qui n’est pas apparent à l’écran par les acteurs, on a beau cherché les émotions justes pour retranscrire la souffrance mais elles sont aux abonnés absents.

On sent aussi le sur jeu volontaire de la part des acteurs sensés jouer les tortionnaires, les légionnaires semblent jouir du cabotinage incessant qu’ils transmettent à la caméra pendant que les prisonniers sombrent dans un jeu monolithique sans la moindre émotion.

Hormis ce petit bémol qui se sent ainsi qu’un éclairage plutôt aveuglant, le film se laisse voir, ne cherche pas à tous les moments à diriger le spectateur. « Nous n’étions pas des héros » n’a pas la prétention d’un chef d’œuvre absolu, mais reste un film honnête qui se laisse voir, malgré quelques difficultés. Il est bien dommage que ce film, qui rentre dans le cadre du cinquantenaire de l’indépendance sorte avec cinq années de retard et ne connaitra qu’une simple projection sur invitation.

 

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