Ça : la créature avec un pronom déMONSTRatif

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Par Boudj

Faire une adaptation d’une histoire écrite par le maître de l’épouvante Stephen King n’est pas chose facile, fort heureusement, beaucoup de réalisateur s’y sont essayé. Certains ont raté, on se souvient de fenêtre secrète avec Johnny Depp, ou dans le registre du succès à l’image du Shining de Stanley Kubrick qui a adapté l’histoire à sa sauce.

Dans ce cas précis, le film qui nous intéresse est l’histoire de « Ça », réalisé par Andrès Muschietti, dont c’est le deuxième film. L’histoire a déjà été adaptée pour le petit écran en 1990 par Tommy Lee Wallace, plus connu pour avoir réalisé le troisième volet d’Halloween. Mais à ceux qui s’attendent à une adaptation du téléfilm, il n’en est rien. Car cette nouvelle adaptation de cette histoire qui met en scène un groupe d’adolescent en prise avec une entité qui se réveille tous les 27 ans pour se nourrir renvoie directement au livre, malgré des modifications justifiées pour le grand écran et un large public.

L’histoire est axée sur la recherche de Georgie par son grand frère Bill. Il est aidé par Beverly, Ben Richie, Eddie, Mike et Stan. Ils seront tous à un moment ou à un autre confronté à Grippe-Sous, le clown dansant, parti à la chasse aux enfants, son met favori. Il aura fort à faire car ces enfants sont spéciaux, ils n’ont pas peur de lui.

Partant de ce constat, il faut aussi faire abstraction de l’histoire écrite par Stephen King, car des éléments ont été volontairement omis pour installer une atmosphère particulière autour des personnages. Dans cet opus, tout ou presque se concentre sur les adolescents de la petite ville de Derry dans le Maine, un patelin qui semble continuellement renier son passé macabre, les morts et disparitions d’enfants et d’adultes, personne ne semble aussi voir ce que les enfants voient.

A l’image de la salle de bain de la maison de Beverly, dont la peinture a été refaite avec du sang, une scène spectaculaire, soit dit en passant. L’agression de Ben par les loubards de Derry, menés par leur ennemi juré Henry Bowers, où un vieux couple passe en voiture tout en regardant la scène. L’atmosphère de déni est bien installée pour qu’une entité maléfique puisse sévir sans la moindre gêne. Nous suivons donc ces adolescents dans leur quotidien, faisant à leurs problèmes personnels et bientôt à un monstre qui cherche à se débarrasser d’eux car il sait qu’ils le mèneront à sa perte.

« Ça » n’est pas un film d’horreur comme les autres, car rares sont les films qui peuvent installer une atmosphère pesante et lourde dénaturer son rythme. Or, « Ça » fait dans la fluidité et même dans la simplicité, c’est directe et sans fioriture, ce n’est pas un film d’horreur avec des adolescents qui reprend les mêmes codes encore et encore, en versant dans l’horreur bon marché, loin de là.

Point important dans la narration de « Ça » qui dans l’histoire originale, fait des va-et-vient constant entre la passé et le présent, dans cette version, le présent n’est à aucun moment relaté. Le scénario s’est uniquement basé sur le passé des protagonistes, afin sûrement de mieux s’imprégner de l’atmosphère qui règne.

Le film vaut le coup surtout pour voir Grippe-Sou le clown, incarné à la perfection par Bill Skarsgård, qui prend la relève de Tim Curry, interprète de la première version. Il parle peu, comme dans le livre, mais juste assez pour installer le malaise, « ils flottent tous, et bientôt toi aussi tu flotteras ».

A noter aussi, le costume du clown maléfique, un mélange de plusieurs époques qui tend à retranscrire l’intemporalité d’une entité qui continuera à hanter les rêves des petits enfants, ainsi que des grands.

Il nous faudra attendra deux longues années pour voir la suite de l’histoire, et savoir ce qui advenu du « Club des Ratés ».

 

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