La maison d’édition Frantz-Fanon réagit à la polémique

0
314

La maison d’édition Frantz-Fanon, éditrice du dernier livre de Rachid Boudjedra intitulé « Les contrebandiers de l’Histoire » a réagit à la polémique soulevé par ce livre. Nous publions la mise au point intégrale de son Directeur, Amar Ingrachen :

MISE AU POINT
Les Editions Frantz Fanon portent le nom d’un homme qui représente un repère pour nous. Le choix de ce nom est délibéré et réfléchi. Frantz Fanon est un homme qui a, sa vie durant, été à cheval sur la réflexion et l’action. Son parcours intellectuel est une synthèse magistrale de ces deux notions philosophiques. Hannah Arendt dit qu’il y a crise dans la culture quand il y a disjonction entre la réflexion et l’action. Joindre réflexion et action, c’est dépasser la crise, en sortir. Le choix du nom de Frantz Fanon nous place ainsi dans une perspective de dépassement de la crise culturelle que vit l’Algérie. Or, pour que la synthèse souhaitée soit la plus complète possible, il est nécessaire de rendre visibles tous les points de vue sur toutes les questions et c’est ce que nous nous employons, selon les moyens qui sont les nôtres, à faire.
Nous avons créé la collection « Mise au point » pour abriter les débats les plus osés, les plus tus jusque-là, les plus risqués car, en notre âme et conscience, nous estimons que la censure, quels qu’en soient les mobiles, ne rend nul service à l’esprit. Au contraire, elle l’inhibe. Les livres publiés dans cette collection suscitent des polémiques. Ce n’est pas notre objectif. Mais que des débats aient lieu, même avec quelques dépassements, nous n’y voyons pas d’inconvénients. C’est un passage obligé pour que la décantation se fasse.
« Les contrebandiers de l’Histoire », pamphlet de M. Rachid Boudjedra publié dans le cadre de cette collection, fait réagir certains des écrivains cités par l’auteur, notamment M.M.Yasmina Khadra et Kamel Daoud, ce qui est naturellement prévisible. Nous nous réjouissons que des écrivains algériens se parlent publiquement, se disent leurs « vérités » sans complexes et participent ainsi au désamorçage de l’édifice complexuel qui bloque la structuration du champ intellectuel algérien. C’est un pas positif. Nous déplorons toutefois que certains acteurs culturels s’attardent sur des éléments polémiques et fassent, de la sorte, noyer le débat sur la culture algérienne et sa souveraineté morale dans un brouhaha médiatique d’où, de toute évidence, seuls les amateurs de scoops peuvent sortir gagnants.
Monsieur Kamel Daoud estime que son accusation d’appartenance au GIA par Monsieur Rachid Boudjedra est inadmissible. C’est son droit de répondre de la manière qu’il estime la plus adéquate à l’auteur de cette accusation. Toutefois, les accusations de « manque de rigueur et d’éthique » qu’il profère à l’encontre des Editions Frantz Fanon sont tout autant inadmissibles. Les Editions Frantz Fanon sont un espace de débat ouvert à toutes les sensibilités et toutes les opinions et, à ce titre, elles tiennent à préciser qu’elles n’ont aucun compte à régler avec personne, encore moins avec l’auteur de Zabor ou Les psaumes auquel elles viennent de consacrer un ouvrage collectif coordonné par l’universitaire M. Boukhalfa Laouari et préfacé par le professeur Benouda Lebdai et qui regroupe une pléiade de chercheurs algériens, français et anglais.
Amar INGRACHEN
Directeur des Editions Frantz Fanon

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here