Kamel Daoud dépose plainte contre Rachid Boudjedra et son éditeur

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Le talentueux écrivain Kamed Daoud décide de porter plainte contre Rachid Boudjedra et son éditeur « pour exiger réparation et excuses publiques », écrit-il dans une lettre adressée exclusivement au journal en ligne huffpost Algérie.

Rachid Boudjedra a traité Kamel Daoud d’ancien membre du tristement célèbre GIA (Groupe Islamique Armée) dans son dernier «livre» intitulé Les contrebandiers de l’histoire, où l’auteur s’improvise en « Clint Eastwood de l’histoire nationale ».

Extrait de la lettre de Kamed Daoud, envoyée pour la rédaction de HuffPost Algérie :

« J’ai longtemps hésité à prendre cette décision. Il n’est pas facile en effet de réagir aux propos diffamatoires d’un écrivain qu’on admirait tant, qui était l’une des figures aînées de la littérature algérienne et qui semble s’enfoncer dans des compromissions et opter pour le scandale comme moyen d’expression à la place du talent. Nous sommes peu nombreux, écrivains algériens, du Maghreb, dans ce monde mal partagé et en arriver à cette situation est quelque part un échec pour tous.

Il n’est pas facile aussi de réagir aux irresponsabilités d’un éditeur qui ne semble accorder que peu de place à la rigueur et au sens de l’éthique. L’éditeur algérien est fragilisé par un environnement, une économie du livre qui permet à peine de survivre et des pressions diverses. Et en arriver à cette situation est aussi un drame en soi.

Mais comme tout algérien, j’ai le droit à la dignité, à l’honneur préservé, à l’intégrité. J’ai constaté, depuis des années, que le succès ne va pas sans critiques passionnées, insultes parfois, éloges disproportionnés, ferveurs et détestations. Et je l’accepte. J’essaye d’être un écrivain de cette Algérie qui passionne jusqu’à la douleur ou l’aveuglement sur soi, mais j’ai la vertu de la constance dans mes positions et mes ambitions littéraires ou de journaliste. Je ne réagis jamais aux propos sur ma personne, même les plus blessants. Je pense en tant que victimes de la pensée unique, il nous faut encourager, même au prix de blessures intimes, la critique, la différence, le droit même aux détestations.

Les habitudes virulentes de Rachid Boudjedra sont connues de tous, et beaucoup ont été cibles des humeurs de cet écrivain.

Mais cette fois il s’agit d’une diffamation grave, d’une insulte à ma personne, au père et au fils que je suis, à la mémoire blessée de ma génération : lire dans un ouvrage publié que j’ai été membre du GIA, d’un groupe d’assassins qui a marqué au sang notre souvenir et nos corps, m’est intolérable »

Lisez la suite de la lettre sur Huff post Algérie 

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