Augustine : la désolation jusqu’aux larmes

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Par Boudj

Montrer son dégout envers un mauvais film (de commande de surcroît) est devenu chose courante et une fois n’est pas coutume, un film de commande reste un mauvais film qui vous laisse un gout amer en bouche et une étrange sensation qui vous parcourt l’esprit, et qui se traduit par une épouvantable migraine.
Donc au cas où vous aurez l’occasion de pouvoir visionner « Augustine, le fils de ses larmes », prenez un boite de Doliprane avec vous, vous en aurez besoin tout comme vos voisins.
Le métrage en question, qui retrace une partie de la vie de Saint Augustin, un des pères fondateurs de l’Eglise occidentale, échoue de façon chaotique sur tous les points et les codes du biopic.
Samir Seif, le réalisateur égyptien de ce film, nous raconte le parcours de Hédi, horriblement joué par Imed Benchenni, jeune réalisateur de télé en France, venu enquêter sur le parcours de Saint Augustin, de Thaghaste à Rome en passant par Carthage, ainsi que de sa conversion au christianisme. Le réalisateur met en parallèle le personnage qui nous intéresse, Augustin, de ces jeunes années à chercher la vérité jusqu’à la révélation.
De prime abord, le pitch est un intéressant, dresser un pont entre le présent et le passé, la référence au Little Buddha de Bertolucci est grosse comme une maison, mais la comparaison s’arrête là où commence l’indigence et un jemenfoutisme total en ce qui concerne la mise en scène, les décors et l’histoire.
Au tout début, tout vient d’un coup, Hédi se voit coller ce documentaire sur Saint Augustin, au passage cet incroyable mépris que l’on ressent dans le dialogue, où le réalisateur fait comprendre que tout les algériens ne savent pas que Saint Augustin n’est pas un enfant du pays, et où les première révélations se font connaitre sans la moindre installation de la tension dramatique quand Hédi apprend qu’il va être père.
Mais si on s’arrêtait à cette simple scène, on ne se rendrait pas compte à quel point le film plonge dans l’absurde le plus total et le mépris le plus indicible en ce qui concerne la crédibilité du jeu des acteurs, parce qu’il n’y en a pas eu.
Pour qu’un film soit crédible, il faut que les acteurs le soient tout autant, or on sent que pendant tout le métrage, on sent que les personnages n’attendent que la fin du film pour avoir leur cachet, y compris le réalisateur puisqu’il ne s’est à aucun moment dit qu’il devait diriger ses acteurs.
Le rythme du film est haletant, ne laissant à aucun moment le spectateur respirer afin de digérer des scènes très mal jouées et filmées, une lumière omniprésente qui ne donne aucune nuance. Augustin est futur rhéteur et penseur avec un regard niais dénué de tout sentiment. Par exemple, il demande à prendre la servante dont il est tombé amoureux à Carthage comme s’il prenait un kilo de courgette dans un étal de marché.
En cinéma, il y a plusieurs genres, il y a les films qui divisent, les beaux films, les nanars ou même les mauvais films. Augustine fait sans le moindre doute partie des mauvais films. On pourrait même parler d’aberration filmique dans le mauvais sens du terme, vu que selon le réalisateur, toute la Rome antique parlait l’arabe classique, mais ce n’est qu’un détail.
Pour conclure, Augustine est un film financé dans le cadre de Constantine capitale de la culture arabe 2015. Pas besoin de vous faire un dessin pour comprendre que le film n’a jamais eu la prétention de refléter la réalité, encore moins avec une distribution aussi hasardeuse.

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