Last Of Us : le voyage au bout de soi

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Par Boudj

Pour qu’un festival puisse vivre une quinzaine d’années, il  doit proposer des films qui ne doivent pas laisser indifférent, que ce soit dans le bon ou le mauvais sens. C’est ce qui explique la trés bonne réussite  Rencontres Cinématographique de Bejaia, qui restent un rendez-vous incontournable pour tout bon cinéphile qui cherche à apprécier de très bons film.

L’occasion nous a été donnée de pouvoir regarder un film, qui peut prêter à controverse au niveau de la vision cinématographique de chacun, lors de la 15ème édition qui s’est tenue du 09 au 15 septembre dernier. Last Of Us du tunisien Ala Eddine Slim, primé à Venise en 2016, avec Jawher Soudani dans le rôle principal.

L’histoire est simple, Va Jo (joué par J. Soudani) est un réfugié subsaharien qui tente une traversée vers l’Europe à partir de la Tunisie. Seul mais déterminé, il réussira à prendre la mer, il accostera à terre mais ne reconnait rien autour de lui ; sa boussole se détraque (ce détail aurait déjà du mettre la puce à l’oreille du spectateur d’ailleurs). Nous nous arrêtons là parce que sinon, on vous gâcherait le reste, tellement foisonnant d’aventures.

The Last Of Us est un film d’aventure, mais surtout d’introspection, car il faut voir le schéma du film de cet angle, plutôt que celui plus réaliste du cinéma de divertissement. Car le film renvoi à plusieurs interprétations, qui, selon les angles donnent une réponse satisfaisante à chacun.

Dans un premier angle, on peut interpréter les péripéties de Va Jo comme les différentes étapes de la vie, les hésitations, la volonté et la témérité. Parce qu’un gars qui va prendre un bateau tout seul pour se retrouver de l’autre coté de la Méditerranée n’a plus rien à perdre, son chemin de vie peut même sembler comme réinitialiser.

C’est à ce moment que l’on se dit que le film est fini, que l’on n’en saura pas plus sur ce qui attend Va Jo de cet « autre coté » de la rive. Des applaudissements épars des spectateurs, présent très nombreux à la cinémathèque de Bejaia, nous ferons croire aussi à la fin, mais en réalité, ce n’est que le début de l’aventure.

Tout d’abord perdu, Va Jo va se retrouver petit à petit. Il réapprend des gestes du quotidien, il renait petit à petit avec l’aide d’un compagnon, qui est là depuis bien plus longtemps que lui et qui le réinitie aux choses simples de la vie, voir primitives.

Le parcours de Va Jo est simple et sans encombres, il redevient un être simple, serait-ce l’idée finale de ce film ?

A travers ce long-métrage, on est amené à se poser de grandes questions existentielles sur la finalité de l’existence de l’homme sur Terre. Cet humain n’a cessé de fuir son monde fait de guerres, de misères et de famine, pour espérer toucher la modernité occidentale. Il ne l’atteindra pas pour mieux amerrir dans un monde qui semble être un miroir déformant du monde actuel, dénué de tout aspect de préjugés ou d’exclusion.

Une sorte de retour aux sources de l’homme dans un décor édenien qui lui tend les bras pour l’accueillir.

Dans un autre angle, Va Jo est sur une île inconnue, ne pouvant utiliser aucun appareil moderne ou même une simple boussole. Comble de l’ironie, il se casse la jambe avant de se faire recueillir par une sorte de shaman qui est là, et qui semblait même l’attendre dans un sens.

Dans cette interprétation, Va Jo est mort, il est au paradis, et l’espèce de sorcier n’est que son guide dans l’au-delà, il lui montre les nouveaux gestes qu’il doit adopter pour survivre dans cette foret qui n’est que son nouveau parcours pour atteindre l’autre monde, sa conception même du paradis.

Oui, c’est une réflexion simpliste d’une fiction qui a mêlé plusieurs genres cinématographiques dans un seul scénario. Un départ en film documentaire avant de terminer en film fantastique, évoquant les atermoiements de l’homme dans cette vie pour qu’il revienne à son essence véritable.

Le film cache un fort symbolisme qui force le spectateur à observer et à s’interroger. Il atteint ainsi son but de faire parler de lui et de diviser. Un film à voir, et bien sûr à revoir.

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