Situation au Rif (Maroc): Aperçu historique

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Par Mohand Amokrane
L’actualité internationale est marquée par différents événements à l’instar de la tragédie syrienne et la lutte anti terroriste mené contre daech, les voltefaces du Trump et autres élections françaises… En Kabylie, la répression qui s’abat sur les manifestants du Hirak  au Rif suscite indignation et solidarité avec les revendications socio-économiques de cette région  berbérophone du voisin royaume chérifien. En effet, ça fait plusieurs mois que les villes du cette région frondeuse du nord du Maroc vivent au rythme de manifestations monstres et d’une répression brutale de la part des autorités du Makhzen. Ni la mort tragique d’un vendeur de poissons, broyé par une benne à ordures, ni les conditions socio-économiques ou les revendications identitaires peuvent expliquer, à elles seules, les raisons fondamentales de cette (insurrection). Un bref rappel historique de cette région nous permet de constater que la population de cette région a été, du tout temps, rebelle et insoumise au pouvoir central. Sa situation géographique et son relief montagneux ont fait d’elle une citadelle imprenable à travers plusieurs siècles. On l’appelait, à l’époque, (bilad siba) ou tribus rebelles qui ne payait pas de tributs au puissant du moment. Le début  de 20e siècle a été riche en événements pour le Maroc, en général, et au Rif en particulier. La France et l’Espagne, les deux puissances occupantes, se sont arrangées a diviser le pays en deux partie : le nord sous occupation espagnole et le reste du pays sous domination française.
Abdelkrim Al Khettabi :Ce fils d’un cadi du issu de la tribu des Ait Wariaghel, fréquenta d’abord l’école coranique, puis l’université des Quaraouiyine à Fez avant de poursuivre ses études de droit en Espagne. Il réussit à  unir les tribus rifaines et engagea une guerre de libration du Rif qui a abouti à la proclamation de la République du Rif en 1921. Ce qui n’était pas du goût  des puissances occidentales qui craignaient une contagion à toutes les autres colonies. Une alliance franco-espagnole se met en place et réussi à  vaincre  Abdelkrim qui sera envoyé en exil, et met fin à la jeune République en 1926. Devenu icône de la lutte anti coloniale, ce dernier parvient à fuir de son exil et s’installer au Caire, où il mourut en 1963. L’épopée de cet homme reste gravée dans tous les esprits des Rifains.
Une fois l’indépendance acquise en 1956, le Maroc sera confronté à un mouvement insurrectionnel du Rif en 1958. Le prince héritier de l’époque, feu Hassan 2, réprima dans le sang cette insurrection.
Conclusion :la fronde du Rif a des ramifications profondes dans l’histoire contemporaine du Maroc. La culture du haschich, qui se fait à l’échelle industrielle dans cette région, montre l’incapacité et la frilosité des autorités centrales à  faire face à une population rebelle au pouvoir autoritaire du Makhzen.

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