Soirées ramadanesques : Tamazight exclue de l’Opéra d’Alger ?

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La programmation concoctée à l’Opéra Boualem-Bessaïh d’Alger pour ce mois sacré de Ramadan reflète plusieurs points sombres et des interrogations. Les adeptes de ce lieu sensé être un temple  de la  culture algérienne et universelle en générale s’interrogent sur les orientations que prend cette institution. Et pour cause, le choix des spectacles de musiques qui sont proposés durant les soirées du mois sacré au public n’est pas du tout convainquant, ni à la mesure de cette institution. Mais parmi les points les plus sombres de cette programmation, c’est l’exclusion totale de chants et chanteurs en langue Tamazight. Ce programme ramadanèsque de l’Opéra d’Alger est dénué complètement de tout ce qui a rapport à la chanson amazigh et sa culture, qui constitue, pourtant, les fondements même de la culture algérienne.

Le directeur de l’Opéra, Noureddine Saoudi chargé de cette programmation, et qui s’est également taillé une soirée en tant que chanteur et musicien le vendredi 9 juin dernier, a programmé des concerts de musique Maalouf, Andalous, Chaâbi et autres, sauf, bien évidement, tout chanteur qui s’exprime en Berbère. Durant la soirée d’avant-hier, intitulée « chaâbi Symphonique », il est question d’un « concert » qui a duré une toute petite heure, très peu convainquant. Ce sont les mêmes têtes qui reviennent à chaque fois, et comme à l’accoutumée aucune chanson en Tamazight n’est interprétée. Et pourtant, s’agissant de ce style de musique, ses ténors l’ont bien chanté en Berbère, tel ; El Anka, El Hasnaoui, Allaoua Zerrouki, Sadek Bejaoui, Matoub Lounès, Kamel Messaoudi, Lounès Khelloui et plein d’autres encore. Cette omission volontaire n’a de nom que le mépris. Egalement,  ce n’est pas du tout de jeunes talents pour interpréter ces ténors qui manquent. La scène musicale actuelle regorge de jeunes talents qui émerveillent par leurs talents et leurs prestations, mais voit-on tout ça du coté de l’Opéra d’Alger ?

Ce déni est, heureusement, juste le propre de l’Opéra d’Alger, car, tous les organismes étatiques spécialisés dans l’événementiel en culture, et même les boites privées, on programmé, tout au long de ce mois des soirées avec des chanteurs et artistes qui viennent de tout les coins d’Algérie, et représentent toutes les facettes de la culture algérienne.

Les fidèles de l’Opéra d’Alger sont très déçus de cette programmation partiale. « Il faut noter que même du temps de la forte dictature, on programme des concerts de musique kabyle, chaoui, tergui et autres à Alger. C’est vraiment très regrettable que tout ce patrimoine très riche, varié, et qui reflète la culture algérienne et nord africaine par excellence, soit exclu de cette manière à l’Opéra Boualem-Bessaïh », regrette Naïma, une jeune mère de famille algéroise, rencontrée après la fin du spectacle « Chaâbi Symphonique ».

Arezki Ibersiene

In Le Temps d’Algérie 

 

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