Nadjib Gamoura : « être bassiste convient parfaitement à ma personnalitée »

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C’est l’un des bassistes de la jeune génération les plus en vue, actuellement, sur la scène musicale nationale. Au premier abord, Nadjib Gamoura inspire la simplicité et la modestie. Le second acte est sur scène. Accompagné de sa basse, il ne sourcille pas. Toute sa concentration est dirigée sur son instrument et les sons qu’il dégage, car il sait que c’est lui qui mène la danse.

Avec un petit sourire au coin, il se fait discret sur scène, mais tout le monde le sait, Nadjib Gamour est un génie. Un jeune maître de la musique en Algérie.  Dans cet entretien, il revient avec nous sur ses débuts, son lancement de carrière et le choix de son instrument.

Entretient réalisé par G.B

Nadjib, quel a été votre déclic pour commencer la musique ? 

Je n’ai pas commencé la musique très jeune. Dans la période du lycée, je pianotais des mélodies sur un petit clavier qui trainait à la maison. J’arrivais juste à l’oreille à reproduire des mélodies que j’écoutais à travers des K7 ou à la Radio. L’été où j’ai eu mon Bac j’ai commencé à m’intéresser à la guitare, puis ma maman m’a offert ma première guitare en 2000.

Le 1er déclic (il y en a eu plusieurs à des degrés différents) est véritablement ma rencontre avec le défunt Batteur Aziz Djemmam, que j’ai connu pour une très courte période mais qui a changé ma façon de voir la musique.  En jouant avec lui, il me suggère de me convertir à la basse, il avait ressenti la chose comme ça. Il m’avait invité à assister au festival Dimajazz de 2005 et m’a fait découvrir un univers que je ne connaissais pas. Malheureusement il nous a quitté dans la même année Allah yérrahmou.

  Suite à cela j’ai rejoins la formation de Sinouj, BB.Blues et Contrast avec qui j’ai commencé à faire mes premiers pas dans ma petite carrière de Bassiste en tant que professionnel.

   En 2007 grâce à l’association LIMMA (qui organise le DimaJazz) j’ai pu obtenir une bourse des formations de Jazz en Belgique. Ce qui a eu un impact considérable dans le développement de ma carrière artistique.  Je me suis rendu compte du retard à rattraper et du travail à faire pour prétendre vraiment être un professionnel à un niveau international. Ces stages m’ont permis de rencontrer le Saxophoniste Pierre Vaiana qui a véritablement été le gros déclic dans ma carrière. En pleine période de doute en fin 2007, Pierre Vaiana me contacte pour jouer avec lui à un festival international de jazz en Tunisie, et participer par la suite au projet Al Funduq qui a donné naissance à un Album de collaboration de dimension méditerranéenne. C’était Le concert qui m’avait donné la confiance de trancher pour une carrière 100 % musicale.

Vous avez fait partie du groupe Madar, créé en 2007. A l’époque, le jazz n’était pas donné à tout le monde.  Votre  groupe a même participé au Dima Jazz. Comment s’est passé cette expérience ? Et qu’advient-il du groupe ?  

Suite aux concerts avec M.Vianna qu’il y a eu la création du groupe Madar.  Nous avons travaillé sur nos propres compositions et avons joué notre premier concert au Dimajazz en 2008 rendant hommage au batteur Aziz Djemmam avec une configuration Inédite à 2 Batteries (une première en Algérie). Le concert a été enregistré et édité en Album Live en 2009. Des concerts, des tournées et des collaborations ont suivi après cela. La dernière apparition du groupe Madar était lors de la collaboration avec le pianiste Bojan Z lors de la célébration de la journée international du Jazz (Organisé par l’AARC) ou Bojan Z a joué une partie du concert sur nos propres compositions, expérience unique.

L’une des rencontres les plus importante dans ma carrière est bien celle avec Aminoss, avec qui on a fondé le groupe Madar en 2008 puis le Aminoss Groupe. Depuis je ne cesse d’apprendre avec lui que ce soit artistiquement ou techniquement.  C’est un excellent compositeur. Il m’a apporté beaucoup en termes de réalisation d’album, techniques d’enregistrement en studio.

Depuis, vous êtes sur plusieurs projets. Vous accompagnez de nombreux groupes et artistes algériens. Quels sont les principaux projets sur lesquels vous collaborez ?  

Effectivement j’ai collaboré dans plusieurs groupes tels que Sinouj de Constantine, Coudia Aty,  le groupe Conrast avec Salima Abada, Lounis Ait-Menguellet et son fils Djaafar, Abranis et plein d’autres groupes, la liste est très longue.

En tant que technicien et musicien j’ai collaboré dans l’album du groupe El Dey, le 1er album de Freeklane, Meziane & Chibane, Nomads, Mehdi Crops …

J’ai aussi participé à plusieurs émissions de musique. J’ai à mon actif plus de 300 tournages entre studio live, Alhan wa Chabab, Ahalil, musique show …

Dans ma carrière j’ai dû accompagner à la basse quasiment tous les artistes et stars de la chanson Algérienne, que se soit en concerts et tournées ou en émission TV : Hamidou, Abdelkader Chaou, Allaoua, Cheb Mami, Mohamed Lamine, Mohamed Réda et il y en a tellement d’autres. 

Vous jouez à la basse et à la contrebasse, que représentent ces instruments pour vous ? 

Je n’étais pas bassiste à la base, mais la conversion s’est faite de manière naturelle. Le rôle d’un bassiste dans la musique est comme celui d’un gardien de but au foot. On est derrière pour assurer la base et la stabilité de l’ensemble, pour que l’équipe puisse gagner et réussir le show. Ce qui fait que les bassistes sont discrets, toujours derrière et je dois avouer que ce rôle me convient parfaitement. Ça correspond à ma personnalité.

Par rapport à l’instrument en question, je ne le vénère pas particulièrement, mais je le considère comme un outil qui permet de faire sonner l’ensemble et la musique tel qu’on a envie qu’elle sonne. Je réagis toujours par rapport à la recherche d’un son, c’est comme ça que je travaille, c’est ce qui m’a mené à la contrebasse, j’en suis pas un spécialiste mais cet instrument s’impose dans certaines couleurs musicales comme le Chaabi à titre d’exemple. 

Quelles ont été vos premières inspirations musicales ? Et aujourd’hui, quand vous êtes seul chez vous et dans votre voiture, qu’écoutez-vous ? 

Ce que j’écoute est pour moi comme une formation de l’oreille, de la culture musicale et un exercice de style, c’est tout aussi important que travailler son instrument, et se former sur le plan théorique,

Depuis tout petit j’écoute de tout, la dance, des ballades, du blues, du rock, du Métal, de l’andalou, du chaabi du rai, je considère que dans chaque style il y a du bon et du moins bon. Je peux  tout aussi apprécier un titre de Stevie Wonder ou Michael Jackson qu’un titre de Dahmane el Harrachi ou Cheb Khaled, en Jazz je peux tout aussi apprécier du John Coltrane ou Marcus Miller que du Steve Colman ou Magic Malik. Cela m’a aidé grandement à être plus polyvalent et capable de jouer des styles tout aussi différent (de Oum Kalthoum à Bob Marley)

Concernant les bassistes j’ai beaucoup été influencé par Marcus Miller et Alain Caron d’abord par la beauté de leurs créations ensuite par leurs prouesses instrumentales, mais le bassiste dont je suis absolument fan est mon prof de basse en Belgique, Benoit Vanderstraeten, peut être moins connu que les 2 premiers mais tout aussi rayonnant quand il joue. 

G.B

….à suivre la 2ème partie de l’interview

 

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