Ziani Cherif Ayad : « Bahidja est un devoir de mémoire et non une provocation »

0
279

« Bahidja » la toute nouvelle pièce de grand metteur en scène Ziani Cherif Ayad, présentée dans la soirée d’avant-hier au Théâtre national algérien Maheiddine-Bachtarzi, a rencontré un grand succès auprès du public. La pièce est adaptée du roman de Leila Aslaoui, intitulé « Sans voile sans remords ». Elle est inspirée d’une histoire vraie. « Bahidja » se joue durant toute cette semaine au TNA. Elle y est programmée tout au long du mois de Ramadan également. Sont metteur en scène, a bien voulu répondre a nos questions, rencontré après la générale de la pièce.

Entretien réalisé par Nadia B

La générale de votre pièce « Bahidja » adapté du roman « Sans Voile sans remords » de Leila Aslaoui a reçu un excellent accueil dimanche dernier lors de sa première au TNA. Quelles sont vos appréciations ?

Justement,  c’est ce qui m’a le plus touché. J’ai senti qu’il y a eu quelque chose de particulier entre le spectacle et le public. Ce silence qui régnait dans la salle, je ne l’avais pas ressenti depuis longtemps, même les téléphones portables ont rarement résonnés…. C’est là un indicateur que le public a été touché par notre histoire et on sentait cela à travers l’écoute par le silence. Non pas un silence désintéressé, mais un silence de l’écoute.

Vous appréhendiez la réaction du public vis à vis de l’histoire du récit ?

L’appréhension est présente pour chaque nouveau spectacle. Il y a toujours un risque qui fait qu’on se demande si le point de vu de la pièce va être partagé, compris, ou alors susciter une réflexion…ce qu’on a essayé de faire à travers l’adaptation de ce récit, c’est raconter  l’histoire réelle de Bahidja et ce, sans aucune provocation. Car cette histoire se déroule durant les années 1990 en Algérie, une époque où les algériens s’entretuaient entre eux…la vigilance est de mise pour que des choses ainsi ne se reproduisent plus, d’où l’importance de raconter l’histoire et de préserver  la mémoire.

Êtes-vous satisfait de cette première représentation ? Peut-on dire que vous avez atteint votre but ?

On atteint rarement notre but. Ceci dit, je pense qu’on a fait un bon travail. Après, c’est au fur et à mesure des représentations que le spectacle sera rodé. Il faut compter au moins 15 représentations afin que la pièce prenne son envole car elle reste ouverte et prendra du temps à s’instaurer au même titre que la complicité entre les comédiens. Même si la vraie complicité reste celle du spectateur avec la pièce.

La pièce comporte beaucoup d’éléments symboliques. Pouvez-vous nous en parler ?

On a veillé à ce que la pièce reste fidèle à l’esprit du texte. Ceci dit, l’écriture littéraire et scénique ce sont deux choses différentes qui répondent à des critères différents.  Par exemple, les rideaux noirs sont utilisés comme décor dans la pièce pour établir un terrain vague… on à aussi beaucoup utiliser la lampe torche dans le but de mettre la lumière sur cette recherche perpétuelle de l’histoire tout en répondant à une technique de mise en scène qui permet de créer le rythme de la pièce. Tous ces accessoires permettent de jouer dans un espace clôt, une espèce de prison enfermée. Un univers presque carcéral qu’on a choisi comme prétexte afin de parler de la condition de la femme arabe, des moudjahidat, notamment à traves Nouri.

Nadia B.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here